Le Président Bouteflika l’a souhaité hier dans un important discours à l’occasion du 44e anniversaire de l’Indépendance
“Un référendum sur l’amendement de la Constitution avant la fin de l’année”

Par : El Moudjahid   Le : mardi 04 juillet 2006

 


Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika  a prononcé hier à l’occasion de la fête de l’indépendance une allocution au siège du ministère de la Défense nationale où il a présidé la cérémonie de remise de grades aux officiers supérieurs de l’ANP.
En voici la traduction APS de l’allocution :   
     
“Au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux Que le salut de Dieu soit sur Son Prophète, sa famille et ses compagnons jusqu’au jour dernier.         
Djounoud, sous-officiers, officiers de l’Armée nationale populaire,        
Algériennes, Algériens,         
Peuple algérien glorieux,
          
Nous célébrons, en ce jour mémorable, une date chère à nos cœurs,  le 44e anniversaire du recouvrement de l’indépendance nationale ainsi que la fête de la Jeunesse , cette couronne de lauriers que la jeunesse avant-gardiste avait posé sur la tête du pays.          
Une jeunesse avant-gardiste qui avait été l’énergie créatrice et qui avait fait siens les préoccupations et les rêves de tout un peuple, allumant  la flamme de la résistance, génération après génération, et inscrivant en lettres de sang et de feu, sacrifices et actes d’héroïsme depuis que les envahisseurs ont foulé le sol de cette terre bénie le 5 juillet 1830, jusqu’à ce que la résistance atteigne son apogée et s’illustre dans l’une des plus grandes épopées de tous les temps.          
Ce fut l’épopée de la glorieuse Révolution de Novembre qui a éclairé les sentiers de la liberté sacrée pour guider un peuple héroïque, qui a longtemps enduré les années de braise et d’oppression et combattu avec courage les campagnes  de destruction et d’extermination, sacrifiant ce qu’il avait de plus cher.         
Un peuple dont la lutte a abouti à la fin de l’occupation inique et odieuse en recouvrant sa souveraineté et son indépendance le 5 juillet 1962.      
A l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance, nous ne manquerons pas de rappeler une date tout aussi chère à nos cœurs que nous évoquerons dans quelques jours, celle du double anniversaire d’un jour prestigieux dans l’Histoire de la lutte nationale, le 20 août 1955, journée du Moudjahid qui coïncide cette année avec la célébration du cinquantième anniversaire du congrès de la Soummam   qui s’est tenu le 20 août 1956.          
Ce fut un évènement marquant dans le processus de développement des  structures de la guerre de Libération. Il permit d’unifier les vues, les moyens et les efforts, de les organiser et de les mobiliser selon une conception stratégique, dont l’aboutissement fut la victoire éclatante.      
La célébration du 5 juillet nous offre l’opportunité de renouveler le serment fait aux chouhada d’hier et d’aujourd’hui, de nous recueillir avec humilité à la mémoire de ceux qui ont honoré leur engagement envers Dieu et le pays. Des sœurs et des frères qui demeurent vivants dans nos cœurs et  dans nos esprits, tels une âme pure qui flotte dans le ciel de mon pays sacralisant la liberté, la concorde et la paix et qui enrichit la terre de mon pays de bienfaits et de prospérité.      
C’est assurément une occasion sans nulle pareille qui nous donne la latitude d’accomplir le devoir de reconnaissance, de fidélité et de glorification des héros de l’Algérie qui ont irrigué, de leur sang, cette terre en perpétuelle  révolte qui ne s’est jamais tue ni pliée devant un occupant étranger ou un tyran. La terre des hommes libres, descendants des rois courageux de Numidie, des enfants de l’Emir Abdelkader et de Lalla Fatma N’soumer qui ont livré combat, avec courage et détermination, à l’injustice et à l’humiliation, qui ont protégé le droit et la justice avec force et porté haut le nom de l’Algérie, tel un emblème hissé depuis la nuit des temps.          
Cette terre était et restera une citadelle de la liberté et de la paix,  un espace de dialogue et d’interaction civilisationnelle et un pôle de rayonnement et de tolérance pour l’humanité.      
Tout en nous emplissant de sentiments de fierté et d’orgueil pour nos gloires et notre geste, cet anniversaire nous interpelle pour revisiter l’Histoire,  retenir les enseignements et les hautes valeurs qui ont imprimé notre personnalité  et notre glorieuse marche et à laquelle nous devons rester attachés et poursuivre les efforts pour sa concrétisation et son développement dans nos sociétés.      
Notre appel à la célébration et à la glorification de l’Histoire nationale, ne signifie point l’incitation au repli sur soi et à la régression ni à l’immobilisme et l’inertie. Il n’émane pas non plus du désir de susciter les rancœurs et la  haine. Le fait de transcender une période douloureuse de notre passé ne signifie pas que nous l’oublions ou l’effaçons de notre mémoire.         
 L’Algérie d’aujourd’hui, 44 ans après le recouvrement de son indépendance, possède une vision d’avenir positive, vit la réconciliation globale avec soi, avec l’Histoire et avec autrui et ouvre une page magnifique de tolérance, d’amitié,  de coopération et de partenariat basée sur l’égalité et le respect mutuel et  prometteuse de bienfaits partagés et de prospérité collective pour l’humanité tout entière.
L’Histoire ne se répète que chez les peuples et les sociétés  qui souffrent d’immobilisme et d’attentisme, spectateurs des mutations que connaît la civilisation humaine qui s’opèrent à une vitesse vertigineuse telle une machine  qui emporte tout sur son passage.          
Le monde auquel nous aspirons et œuvrons inlassablement à contribuer positivement à sa conception et à sa marche et que nous ne voudrions pas qu’il s’accomplisse sans nous ou à notre détriment, est un monde aux dimensions interactives  et complémentaires où l’avenir rejoint le passé à travers un présent vital.         
Nous œuvrons à des lendemains prometteurs et prospères qui se réaliseront, par la Grâce de Dieu, partant de notre réalité présente avec ses données exogènes et endogènes sans toutefois renier notre passé et notre patrimoine. La formidable jeunesse de mon pays qui n’a pas subi l’enfer colonial  et n’a pas connu l’étape de reconstruction de l’Etat indépendant dans les années 60 et 70 du siècle dernier, est en droit de savoir que le recouvrement  de l’indépendance nationale, dont elle jouit aujourd’hui, n’était ni un don ni une concession de l’innommable occupation.          
C’était une victoire arrachée et méritée, au prix de lourds sacrifices pendant 132 ans de souffrances et de résistance, une victoire obtenue au moyen  de la plume et des armes, du verbe et des balles, sacrifiant sur l’autel de  la liberté des millions de chouhada, faisant des millions de détenus et de  sans-abri, des millions de sinistrés, d’orphelins, de veuves et de déplacés.       
Tout comme l’on ne saurait oublier ceux qui ont combattu sur les fronts de la mort en Europe et en Asie, défendant le rêve de la liberté et de la dignité humaines ainsi que les émigrés, morts dans leur dur et amer exil, portant la  patrie et la cause dans leurs cœurs, ceux qui ont été brûlés et enterrés individuellement et collectivement dans l’anonymat le plus total, sans nom ni adresse, morts en martyrs, ayant enduré les affres et mus par leur foi profonde en leur patrie  dans un pays où les envahisseurs ont semé la mort et où ni les êtres humains, ni les arbres ni même les pierres n’ont échappés à leur barbarie et à leur destruction.        
Le recouvrement de l’indépendance nationale était la  consécration d’une longue et dure lutte faite d’horribles souffrances qui ont été à l’origine de l’une des plus grandes épopées de libération dans l’histoire.          
Notre jeunesse ne peut qu’être fière et s’enorgueillir des exploits de sa glorieuse histoire. Grand est son besoin d’en tirer les leçons et les enseignements ainsi que les valeurs héroïques nationales et civilisationnelles dont est nourri le peuple algérien et qui l’ont aidé à être grand, solidaire  et victorieux devant les différentes campagnes d’invasion et d’extermination qui se sont succédé à travers les siècles.      
La jeunesse algérienne fidèle à son pays, au fait de son histoire, consciente et vigilante, refuse les discours fallacieux que l’école de l’histoire coloniale tente de propager. Elle veut écrire pour nous une histoire erronée, faite sur  mesure, qui exprimerait ses idées refoulées et son spectre expansionniste,  justifiant la politique destructrice, réductrice, d’ignorance et de dénaturation, arguant faussement des aspects positifs et des bienfaits de la colonisation, consacrant ainsi la thèse des théoriciens de l’hégémonie et de l’esclavagisme  au XIXe siècle qui ont prétendu que la colonisation était investie d’une mission civilisatrice des peuples barbares et des sociétés primitives.      
Ils ont tenté avec tous les moyens de substituer leur culture à la nôtre, leur langue à la nôtre, leurs traditions et mœurs aux nôtres, leur Histoire à la nôtre et aliéner notre foi par des campagnes d’évangélisation qui se poursuivent encore.          
Ils nous ont habillés de leur nationalité intruse, usant d’hostilité et d’animosité, nous ont imposé des devoirs sans les droits à des fins inavouées, nous ont obligés à brandir leur emblème tricolore, nous ont imposé leur chant patriotique et nous ont appris que nos ancêtres étaient des Gaulois. Ils nous ont exploités, nous les Français du deuxième collège, dans leurs guerres, de Sedan 1870 aux deux guerres mondiales, jusqu’en Indochine.         
Comment appeler donc tout cela? C’est l’aliénation de la personnalité algérienne, et l’assassinat de notre identité. N’eut été la Miséricorde de Dieu pour ce peuple croyant et authentique et n’eut été cette flamme inextinguible qui anime l’Algérien, nous aurions échoué devant tant de pression et de complots incessants et nos efforts auraient été vains.
 Par devoir de mémoire, de conscience, de morale, mais aussi de civilisation, de justice et de respect des droits de l’homme et des peuples, les auteurs des crimes odieux pendant la colonisation doivent reconnaître leurs  erreurs et présenter publiquement des excuses aux victimes. Leurs actes abjects doivent être condamnés haut et fort pour qu’ils ne puissent plus trouver de prétexte ou de couverture.         
Le moindre des devoirs envers notre peuple et nos vaillants chouhada est de réclamer des excuses officielles d’une nation dont la Révolution humaine  avait pour slogan (liberté, égalité et fraternité), d’un Etat qui doit assumer  pleinement ses responsabilités historiques et démontrer réellement sa volonté sincère d’amorcer une nouvelle ère pour les relations d’amitié, de partenariat  et de respect mutuel.     
   
Chers frères et sœurs,         
Le legs de la guerre de Libération fut grandiose et lourd, un legs sacré à sauvegarder et à transmettre pour réaliser le projet d’une société authentique  et avancée, pour lequel des générations d’Algériennes et d’Algériens ont donné  leur vie.           
Un projet qui était synonyme de refondation d’un Etat national capable de concrétiser la libre volonté du peuple et d’aller de l’avant pour atteindre les multiples objectifs de l’indépendance. Cet Etat séculaire de par son histoire,  affirmé de par sa civilisation, enraciné dans une terre où ont émergé et prospéré  des Etats, des royaumes, des civilisations et des cultures à travers des siècles immémoriaux. Ceux-ci ont en fait, un pays diversifié, fertile et pluriel, et  un peuple digne et fier, attaché à son identité et à sa référence civilisationnelle, qui aspire à un avenir de progrès et de prospérité.         
Dès lors que la volonté des peuples est volonté de Dieu, notre peuple vaillant et courageux qui a fait montre de patience et a triomphé des terribles  épreuves tout au long de l’histoire, a pu, en dépit des moyens limités et des  revendications et priorités multiples, relever le défi durant des années  difficiles marquées par des réalisations majeures. Il a été en mesure de faire face aux retombées de l’occupation et toute la destruction des infrastructures et les préjudices qui en ont découlé.          
La stabilité se verra consolidée, l’unité nationale consacrée, les fondements de la République posés, les bases de l’économie jetés et les droits de l’homme garantis.          L’Algérie a mené sur le plan intérieur une bataille de longue haleine pour édifier un Etat fort et réaliser un développement global. Elle s’est également illustrée à l’extérieur en accédant à une position respectable parmi les nations,  grâce à son rôle actif et positif dans la défense des causes et droits légitimes des pays du Sud à leur autodétermination, au recouvrement de leur indépendance et à l’édification de leur Etat national à même de promouvoir leurs richesses,  de servir leurs intérêts vitaux et de réaliser la stabilité et le progrès escomptés.         
Après des années dures et difficiles, marquées par des crises multiples  et des problèmes divers, le pays se relève aujourd’hui et reprend sa marche grâce à la force dont Dieu l’a gratifié et qui lui a permis de triompher des forces obscurantistes et du mal.         
Le terrorisme a été vaincu grâce aux sacrifices de tous les enfants de notre peuple, à leur tête les forces de l’Armée nationale populaire (ANP) et tous les corps de sécurité qui ont toujours été le bouclier de la République  démocratique et populaire et le garant de sa sécurité, de son unité et de son  intégrité.         
L’idéologie de l’extrémisme et de la violence a été défaite et les valeurs de liberté, de démocratie et de tolérance, ancrées dans notre société, ont triomphé. Les efforts de lutte antiterroriste se sont poursuivis avec détermination et  fermeté, tant pour la lutte contre les retombées directes du terrorisme que pour le traitement des causes du déséquilibre, de l’animosité et de la haine.  
Mus par notre souci de renforcer la paix et la solidarité  sociale, nous avons adopté la politique de concorde civile que la majorité écrasante du peuple a plébiscitée. Le peuple aura ainsi fait montre des plus nobles valeurs  de générosité, de magnanimité et de civisme qui étaient siens. Il aura également  exprimé, de la manière la plus éloquente, sa tolérance et son esprit de fraternité en adhérant, dans un merveilleux élan massif, à la charte pour la paix et la réconciliation nationale, un second pas franchi pour sortir de la rude épreuve  qui a frappé notre pays à la fin du siècle dernier, et accéder à la volonté du peuple algérien et à son libre choix, exprimé par une majorité écrasante lors du référendum du 29 septembre 2005.        
Nous demeurons fermement déterminés à poursuivre l’application des lois et la mise en œuvre rigoureuse des dispositions relatives à la réconciliation, nationale et nous comptons, pour ce faire, sur la collaboration des  différentes institutions concernées, et sur la compréhension de notre peuple pour tourner définitivement une page douloureuse de notre histoire et nous consacrer à la poursuite de la réalisation des grands projets que nous avons lancés depuis plusieurs années dans différents secteurs. Il s’agit en effet de mobiliser et  d’orienter toutes nos potentialités vers la réalisation des meilleures performances possibles car c’est seulement ainsi que serons en mesure de répondre aux attentes  de notre peuple en termes de progrès et de prospérité et d’occuper une place  honorable dans le concert des nations.       
 
Chers compatriotes,          
Grande est ma foi en la volonté infaillible de notre peuple qui a toujours été fidèle à ses promesses et à ses engagements en nous faisant l’honneur, par deux fois, de nous investir de sa précieuse confiance et en plébiscitant, par conviction et en toute loyauté, les démarches que nous avons entreprises.         
Ensemble, nous poursuivrons, avec l’aide d’Allah le Tout-Puissant, nos efforts sincères pour parachever la mise en œuvre du programme de renouveau et de développement global, initié depuis quelques années et qui se propose  essentiellement de moderniser les institutions de la République, d’enraciner la culture démocratique, consacrer la bonne gouvernance à tous les niveaux de la société, consolider les fondements de l’Etat de droit et de justice sociale et promouvoir l’économie dans la perspective d’une intégration positive à la mondialisation.          
Il s’agit également de replacer notre pays dans la position qui lui sied au plan international, développer des relations d’amitié et de partenariat fructueux sur la base du respect mutuel et de la coopération équitable dans un monde multilatéral, solidaire et tolérant.         
Depuis 1962, l’Algérie a réalisé de grandes avancées en matière d’édification de l’Etat et de la société. Ces réalisations demeurent toutefois en deçà des lourds sacrifices que le peuple a consentis. Elles ne sont pas à la hauteur des aspirations du peuple au progrès et à la prospérité et ne reflètent guère les potentialités que le pays recèle ni la place qu’il occupe.          
C’est une entreprise laborieuse et de longue haleine que d’édifier l’avenir dont nous rêvons, car il s’agit en fait de nous affirmer dans un monde qui connaît  de plus en plus de pressions, de dangers et de défis. Nous devons donc de consentir davantage d’efforts et de sacrifices, mobiliser  toutes nos capacités et potentialités, pallier les insuffisances et corriger  les erreurs passées.       
 Un développement global et durable maîtrisé qui tient compte des capacités et des priorités constitue le gage de notre succès dans la relance de notre  société qui pourra ainsi surmonter les séquelles de la colonisation, sortir du sous-développement, rattraper le retard cumulé pendant les longues années  de l’épreuve difficile que nous avions vécue et se libérer enfin de l’étau de la dépendance pour arriver au niveau atteint par les nations développées.         
Dans cette perspective, nous avions dès notre premier mandat adopté un ambitieux programme de relance économique qui a englobé différentes régions du pays et touché les secteurs vitaux de l’enseignement, de la formation, de la santé, de l’habitat, de l’eau, de l’agriculture, des  transports, des télécommunications, des travaux publics et autres.          Le pays a été transformé en un immense chantier dont le bilan fut positif et encourageant et a contribué à la consolidation des infrastructures et des  services, au développement des outils de production, à l’encouragement de  l’investissement et à la promotion des conditions sociales.         
Tout le mérite de ces efforts aura été de favoriser le rétablissement de la confiance du citoyen en lui-même, en son Etat et en son avenir et de permettre à la jeunesse de renouer avec l’espoir.
Après que notre pays eut récupéré ses ressources vitales  et dans le but de finaliser le processus de renouveau et de développement pour réaliser les objectifs fixés, nous avons initié un programme complémentaire de soutien au développement (2005-2009) pour lequel une enveloppe financière  de l’ordre de 60 milliards de dollars a été allouée.         
Un programme qui repose sur cinq principaux axes : l’amélioration des conditions de vie, le développement de l’infrastructure, le soutien à la croissance économique, la modernisation du service public et la promotion des technologies de la communication.         
Pour nous assurer que les efforts de développement profitent à tous les citoyens, y compris dans les régions éloignées et isolées, nous avons procéder à l’aménagement de vastes zones du territoire national pour drainer davantage  d’investissements et renforcer les capacités économiques du pays. A cet effet,  un programme complémentaire de soutien au développement du Sud et un autre pour le développement des Hauts plateaux ont été mis en place portant à 100 milliards de dollars le montant de l’enveloppe budgétaire publique allouée à l’investissement durant notre deuxième mandat.        
Conscients du poids de la dette sur le processus de développement, nous avons amorcé, à la faveur de l’aisance financière dont jouit le pays, un traitement de fond de ce dossier, comptant, pour ce faire, sur les bonnes relations  de coopération unissant l’Algérie à ses partenaires et aux institutions financières  internationales. Nous sommes ainsi parvenus à la reconversion d’une partie de cette dette en investissements et au remboursement anticipé, depuis 2004, d’une  grande partie de cette dette. Ces résultats traduisent le soutien de la communauté internationale aux réformes économiques initiées, dénotent de la crédibilité de l’Algérie regagnée au plan international et sont de nature à drainer plus  d’investissements.         
Le remboursement de la dette a sérieusement affecté  le Trésor public,  outre qu’il s’effectuait au détriment  du développement et des services publics. Il avait également pour effet de restreindre la liberté d’initiative.  L’Etat s’est trouvé alors contraint de procéder à un réajustement structurel  sévère, dont les retombées ont été négatives sur le front social.         
L’Algérie a, en effet, procédé, de 1986 à 2005, au remboursement de quelque 114,5 milliards de dollars dont 82,5 milliards de dollars de principal et 32 milliards d’intérêts. Notre dette extérieure est passée de 30,47 milliards  de dollars en 1998 à 12 milliards de dollars à la fin mai 2006.          Nous œuvrerons de manière à la réduire à son plus bas niveau avant la fin de l’année pour en finir définitivement dans un proche avenir. Une démarche qui favorisera la consolidation des grands équilibres de l’économie et libérera  cette dernière de la dépendance financière étrangère. L’accroissement des réserves de change a contribué au maintien du rythme de croissance qui a dépassé les 5% durant les cinq dernières années. Le PIB est, quant à lui, passé de 54,2  milliards de dollars en 2000 à 102,4 milliards de dollars en 2005.          
Nous avons bien évidemment renoncé à tout emprunt étranger, comptant exclusivement sur nos potentialités nationales dans la mise en œuvre de nos  programmes de développement. Nous avons, bien sûr, encourager le partenariat et les investissements étrangers qui trouveront toutes les facilités réglementaires et les garanties juridiques susceptibles d’aplanir les difficultés et de réunir les conditions favorables à une large et riche activité productive où seuls  priment le professionnalisme et la qualité conformément aux normes et systèmes internationaux en vigueur.

Concitoyens, concitoyennes,          
La véritable indépendance pour toute nation est dans sa capacité  à gérer ses richesses, à optimiser ses potentialités, à diversifier ses ressources et à répondre à ses besoins essentiels. Elle doit gagner le plus grand degré  d’autosuffisance, d’équilibre et de sécurité, seuls garants de son autonomie et de sa souveraineté en la préservant de toute forme de pression et de chantage.          
Dieu le Tout-Puissant a gratifié notre pays d’intarissables richesses naturelles et l’a doté de ressources humaines, en grande partie de jeunes, de compétences scientifiques et de potentialités vitales. Aussi est-il inconcevable que notre économie reste tributaire de nos seules richesses pétrolières.          Il ne sied point de parler de sécurité stratégique pour notre nation, alors que nous sommes encore dans l’incapacité d’assurer une partie importante de notre sécurité alimentaire, industrielle, culturelle, technologique ou en matière de médicaments, et encore moins lorsque nous comptons essentiellement sur l’étranger par des importations en hausse d’année en année pour lesquelles  nous consacrons d’importants revenus tirées de nos exportations en pétrole et en gaz, principales ressources extérieures pour ne pas dire les seules.         
Un développement global durable ne saurait, en aucun cas, demeurer tributaire d’une seule et unique richesse. Le succès et la pérennité de toute entreprise  de développement ne sauraient être liés à la fluctuation des prix des produits  énergétiques sur les marchés internationaux. Nous devons préparer l’ère post-pétrole et rationaliser l’utilisation de nos richesse et potentialités dont nous disposons aujourd’hui pour assurer un lendemain meilleur aux futures générations.            
Dans cet esprit, l’Etat a adopté des politiques d’encouragement et de diversification d’activités productives dans plusieurs secteurs en allouant d’importantes enveloppes financières au titre du programme de relance économique et du fonds d’emploi de jeunes.         
Cependant, les résultats demeurent insatisfaisants et bien en deçà de nos ambitions et de nos capacités. Les chiffres des importations sont toujours en hausse alors que les exportations hors hydrocarbures restent figées et incapables  de s’imposer dans un marché concurrentiel, ni de surmonter des contraintes bureaucratiques de structures administratives incompétentes et largement dépassées par les mutations internes et externes en cours.         
La réduction graduelle de la dépendance des hydrocarbures s’impose mais elle ne saurait se réaliser que par l’élargissement et la diversification de la production agricole, industrielle et de services et la valorisation des  activités productives seules à même de garantir la plus grande couverture possible des besoins nationaux.         
Je ne manquerai pas, à ce titre, également de souligner l’impérieux parachèvement des réformes du secteur des finances et des banques en vue d’une  meilleure maîtrise de l’affectation et de la gestion des fonds publics et pour  permettre à ce secteur d’assumer pleinement son rôle dans le financement des projets d’investissement, la relance de la production et l’accompagnement des initiatives privées, notamment celles des jeunes en faveur de l’émergence  d’une nouvelle génération d’opérateurs professionnels qualifiés.

Chers frères et sœurs,         
L’Algérie, pays riche en ressources naturelles et humaines, fait face, toutefois, aux exigences d’une renaissance ardue et d’un développement global  qui requièrent à la fois d’immenses potentialités scientifiques et technologiques dans les domaines du management et de la gestion, et la maîtrise des outils de production et du marketing. Cela nous amène à évoquer la question du développement  humain, une priorité pour notre pays, une préoccupation particulière pour nous.         
Convaincus que l’Homme est la pierre angulaire de tout édifice civilisationnel, nous nous sommes fixé comme objectif premier dans les plans de développement,  le bien-être du citoyen algérien, l’amélioration de son niveau de vie et la  promotion de son environnement socio-culturel, en lui garantissant les exigences essentielles d’une vie digne qui l’habilite à s’élancer et à contribuer positivement  à l’édification de sa nation et à bâtir un avenir prometteur.         
Depuis l’aube de son indépendance, l’Algérie n’a eu de cesse de s’investir foncièrement dans la démocratisation de l’éducation et de la formation. Elle  œuvre aujourd’hui inlassablement à opérer une mutation qualitative de son système  éducatif, en garantissant la mise en place des conditions matérielles et pédagogiques les plus adaptées à la prise en charge d’une population scolarisée dépassant les huit millions d’élèves (soit 25% de l’ensemble de la population du pays),  outre un effectif d’encadrement et d’étudiants de l’enseignement supérieur frôlant le million.         
L’Etat a entamé la réforme des secteurs de l’éducation et de l’enseignement  supérieur, technique et professionnel, une réforme dont nous nous empressons  de voir les résultats tant notre attente a été longue. Une réforme que nous voulons à la fois globale et utile, qui met en valeur les prédispositions d’innovation, de recherche et de créativité de nos enfants, dans un contexte économique résolument tourné vers la science et la technologie, une réforme qui s’ouvre sur les cultures universelles et les langues étrangères, sur l’approfondissement des différentes spécialités scientifiques, soit les sciences humaines, l’économie, la médecine,  l’architecture, l’agriculture, l’informatique, la physique, l’astronomie, les  énergies renouvelables, etc..         
La démocratisation de l’enseignement adoptée par l’Etat algérien se  veut un choix stratégique qui ne doit nullement focaliser nos efforts autour de l’agrégat quantitatif, au détriment de la qualité et du niveau adapté aux besoins de la société et de l’époque. L’Etat qui affecte annuellement des milliards  de dinars au profit de ce secteur, ne compte point se dérober à ses engagements, sans cesse croissants. Nous ne sommes pas sans savoir que le progrès social a atteint une étape cruciale, notamment, dans un contexte d’une mondialisation exigeante en termes d’expertise, de compétences et de spécialisation. Nous sommes inéluctablement appelés à concilier l’équation complexe entre les contraintes de la quantité et les exigences de la qualité.         
Nous attendons de nos établissements scolaires et de formation une forte adhésion au contexte des mutations historiques que connaît le pays et un apport positif à la bataille du développement. Cela nous impose la nécessité d’harmoniser  entre les politiques de la formation et de l’emploi, tenant compte de la qualification supérieure et de la formation spécialisée qui doteraient la nation en compétences  avérées et productives, au lieu des pseudo-lettrés qui, au mépris des métiers nobles, cumulent paradoxalement l’incapacité de maîtriser les connaissances et techniques de pointe, voire d’assumer les responsabilités de la direction  et de la gestion.         
Nous évoluons dans une nouvelle époque ahurissante qui ne reconnaît que les détenteurs du sésame des sciences, les tenants de l’instrument de la domination. C’est de notre adhésion à la compétition civilisationnelle ardue que dépend notre devenir, en édifiant un socle scientifique et technique solide reposant sur des compétences humaines qualifiées et honnêtes, que l’Etat se doit d’entourer dûment de sa sollicitude, et ce, en réunissant les conditions idoines à même de leur permettre de s’acquitter pleinement et efficacement de  leur noble mission, tout en soulignant l’importance de la valorisation de la science et des scientifiques, et de la consolidation de la place des établissements scolaires, scientifiques et de recherche au sein de la société, tant ces structures  méritent soutien et considération de tout un chacun.

Chères sœurs, chers frères,           
La célébration de la fête de l’Indépendance ne prend toute sa signification  qu’à travers la poursuite des efforts en vue d’éradiquer les causes du sous-développement et ses différentes formes qui subsistent encore dans notre  société. Des efforts soutenus contre l’analphabétisme, l’ignorance, les maladies et les esprits sclérosés.          
Il s’agit également de faire face aux maux sociaux étrangers à notre société comme le fléau de la drogue qui commence à prendre de l’ampleur dans le milieu juvénile. Des poisons qui nous viennent de l’extérieur de nos frontières avec leur lot de mort, de dépérissement et de perte, détruisant les capacités physiques, intellectuelles et spirituelles créatives d’une jeunesse  aux rêves ambitieux. Une jeunesse qui a grand besoin de celui qui prend soin d’elle, l’encadre, exploite ses talents, renforce sa confiance en elle-même,  apprécie ses choix et l’aide à réaliser son intégration positive dans la société.         
L’Etat ne fuira pas ses responsabilités envers ses citoyens, en matière de protection, d’orientation, de formation et d’emploi.          
Il ne ménagera non plus aucun effort pour la lutte contre ce fléau meurtrier  étroitement lié aux réseaux terroristes et à la criminalité internationale organisée, lutte qui requiert la mobilisation des efforts de toutes les parties concernées.          Le civisme n’est pas synonyme d’équipements importés pour s’en vanter ou de marchandise acquise pour les besoins de la consommation.          Il est plutôt la résultante de la capitalisation des actes civilisés du citoyen, étant le principal fondement de toute société développée.          
Le civisme est une vision commune éclairée, une pensée scientifique, un comportement moral et responsable : un citoyen attaché aux constantes et aux priorités de la nation, dans le respect de la loi et des institutions  de la République. Un citoyen libéré de la faiblesse, du négativisme, du fatalisme  du clientélisme et qui rejette l’anarchie, la fitna et toutes les formes de corruption, pillage, trafic et sabotage.          Voilà pourquoi j’exhorte la jeunesse algérienne montante à s’imprégner des hautes valeurs de la science, du patriotisme et de la vertu. Nulle instruction n’est bénéfique sans une bonne éducation, ni aucune maîtrise de la technologie ou une industrie mondiale sans une identité nationale attachée  à ses références doctrinales et civilisationnelles, qui s’enorgueillit de son passé tout en portant son attention sur l’avenir et agit positivement par rapport  à son présent.         
C’est dans cette optique, et pour consolider les constantes de l’identité nationale et l’ouverture sur ce qu’elle recèle comme richesse culturelle  et civilisationnelle à la fois diversifiée, plurielle et cohérente dans une unité où les dimensions de l’amazighité, de l’arabité et de l’islam sont indissociables, que nous avons œuvré à la consécration de la langue amazigh comme langue nationale. Langue que nous avons œuvré à promouvoir tout en réitérant notre détermination  à poursuivre la promotion de la culture amazigh qui constitue une partie intégrante de la culture nationale dans sa profonde diversité et ses multiples dimensions et que nous n’hésiterons pas à protéger et à soutenir pour en faire un message  de créativité et de rayonnement qui contribue au triomphe du pays et lui redonne la place qui est la sienne dans le concert des nations développées.         

Chères sœurs, chers frères,          
La politique de concorde civile et de réconciliation nationale a contribué  à renforcer la sécurité et à élargir l’espace des libertés fondamentales. Elle a consacré le caractère démocratique qui a consolidé le respect du principe de la séparation des pouvoirs, a assuré un meilleur exercice du droit du peuple algérien de choisir souverainement ses représentants à tous les niveaux à travers des élections pluralistes, libres et honnêtes, aussi bien lors des élections  locales que législatives et présidentielles.          
Il revient au peuple, maître de son destin, d’opérer des choix judicieux au sujet de ses représentants lors des différentes élections. Les autorités suprêmes ne doivent pas, par conséquent, être tenues pour responsables de ce qui pourrait découler d’un mauvais choix lors des échéances locales ou  nationales.         
Notre foi en la démocratie en tant que choix irréversible demeure intacte, en dépit des conséquences de la décennie noire et de l’épreuve du terrorisme barbare qui a frappé le pays de plein fouet. En dépit de tout cela nous sommes  parvenus à nous adapter aux mutations internationales. Nous avons encouragé la création d’organisations non-gouvernementales et aider à leur promotion dans les différents domaines, convaincus qu’une société civile consciente et  active est un partenaire indispensable et utile à l’Etat dans la prise en charge  des problèmes de la société et un cadre idoine qui reflète la volonté du peuple, et les compétences de sa composante et de son élite.
Nous avons érigé le respect des droits de l’homme et des libertés démocratiques et la bonne gouvernance comme socle fondamental à l’édification de l’Etat, principes que les autorités se doivent de respecter non seulement vis-à-vis du peuple algérien, mais aussi envers la communauté internationale, par l’adoption et le respect des traités et autres instruments en vigueur au plan international, ainsi que celui des mécanismes relatifs à l’accord d’association avec l’Union européenne ou encore en adhérant au Mécanisme d’évaluation par les pairs (MAEP) du Nouveau partenariat pour le développement en Afrique.         
Le peuple algérien a payé un lourd tribut pour le recouvrement de sa liberté. Cette liberté à laquelle nous restons farouchement attachés car, convaincus qu’elle est l’essence même de la démocratie qui se concrétise à travers la promotion et la défense des droits de l’homme, tous les droits politiques, socio-économiques, culturels et de l’information. La préservation des libertés, notamment la liberté d’expression, a permis l’épanouissement, la diversification et le développement de notre presse qui se prévaut désormais d’un rôle prépondérant dans la vie politique à caractère pluriel, tant au niveau des partis et des associations, qu’au niveau du Parlement avec ses deux chambres ou même le Conseil  constitutionnel qui veille au respect de la Constitution. Ceci nous conduit  à affirmer que l’Algérie est définitivement passée de la légitimité révolutionnaire à la légitimité constitutionnelle.    

Mesdames et Messieurs,          
La réforme des structures et l’Etat et de leurs missions figure en tête de nos préoccupations et requiert davantage d’efforts soutenus et constants. Cette réforme vise à doter les institutions de l’Etat de moyens lui permettant de soutenir le processus démocratique, d’ancrer les principes de bonne gouvernance, de moderniser l’économie et de consolider l’évolution sociale à l’effet de relever les défis des mutations internes et externes, et de redéfinir la nature des rapports de l’Etat avec la société et la sphère économique. L’objectif de la réforme est également de généraliser les modes participatifs de gestion à tous les niveaux en vue de faire du citoyen non pas un sujet dépendant, mais plutôt un partenaire à part entière dans la gestion des affaires publiques.         
Dès lors que la justice constitue la pierre angulaire du fondement de  l’Etat de droit et de justice et de toute pratique démocratique, la réforme de ce secteur compte parmi nos priorités, en ce sens que nous sommes déterminés à poursuivre sa mise en œuvre et à parachever les avancées considérables réalisées en matière de révision et de mise à jour des textes de lois, d’amélioration des prestations, de perfectionnement de la formation des magistrats et de déploiement  des moyens matériels et des compétences humaines au niveau de l’appareil judiciaire et du réseau des établissements pénitentiaires. La réforme porte également sur la nécessité que les personnes en charge du secteur soient consciencieux, d’une probité sans faille et soucieux de la stricte application de la loi que les justiciables soient puissants ou faibles, riches ou pauvres sans distinction aucune.           La réforme s’attelle en outre à adapter les législations nationales à celles internationales de manière à cadrer parfaitement avec les engagements de l’Algérie sur le plan international et ce pour conforter l’indépendance  et la crédibilité du système judiciaire.         
La bonne gouvernance ne saura à notre sens être confinée dans  une dimension exclusivement politique. Elle s’étend au volet économique, en veillant à ce que le pouvoir de décision ne soit pas du seul ressort du gouvernement. Il devra y associer l’ensemble des partenaires socio-économiques à la prise de décisions et autres plans concernant tout d’abord, les travailleurs et de larges catégories de la société. Dans cette perspective, nous considérons la tripartite qui réunit gouvernement, mouvement syndical et opérateurs économiques,  comme le cadre idoine pour approfondir le dialogue constructif, contracter un pacte économique et social susceptible de consolider le partenariat entre les  différentes parties et de créer l’équilibre nécessaire entre les impératifs  de la performance économique et l’équité sociale.         
Sur le plan économique, la bonne gouvernance vise à la réalisation d’un  développement solidaire en mesure de créer un équilibre à la fois régional et social, de renforcer les mécanismes de contrôle, de transparence et de la  bonne gestion, tributaire de la promotion du professionnalisme et de la compétence,  et de relever enfin, les défis de la mondialisation tout en veillant au respect des règlements internationaux en vigueur. En outre, l’Etat est tenu, grâce à un système judiciaire alerte, de protéger les intérêts de la nation contre  les méfaits de l’arbitraire, du gaspillage, du pillage et de la corruption,  fléaux contre lesquels nous cesserons de lutter avec fermeté et détermination. 

Chers frères et sœurs,          
Notre attachement demeure sans faille aux valeurs de droit, de liberté, et de justice et aux autres valeurs qui ont prévalu au sein de notre société algérienne même aux périodes les plus rudes de notre histoire.         
La démocratie existait d’ores et déjà, dans l’histoire de notre civilisation arabo-musulmane sous diverses formes et pratiques qui accompagnèrent les phases de son rayonnement et de son développement. Et lorsque vint l’ère de la décadence et du déclin sous l’influence de l’ignorance et du fanatisme, la fin fut inertie, repli sur soi et sous-développement.         
L’Islam est une religion de paix, de dialogue et de liberté, un culte d’Ijtihad, de justice et de modération, valeurs positives dont nous devons nous  inspirer en puisant dans les expériences fructueuses dont recèle notre patrimoine politique et culturel.         
Ferme est notre conviction et sincère est notre résolution à bâtir une société démocratique et moderne adapté à l’évolution de la mondialisation et aux mutations du troisième millénaire, et à construire une démocratie authentique, solidaire et juste, tel que stipulé dans nos documents officiels de la déclaration du 1er Novembre 1954 au programme de Tripoli en 1962, jusqu’à la constitution de l’Algérie indépendante. Une démocratie à laquelle nous croyons et pour laquelle  nous déployons tant d’efforts, convaincus qu’elle n’est pas une recette miracle applicable d’une manière stéréotypée ni un modèle unique pour toutes les nations du monde qu’on impose via décret ou ordonnance. La démocratie est une culture, un comportement sociétal et un exercice politique, une synthèse de l’expérience d’une société donnée, dans le sillage de son évolution historique, cristallisant toutes ses composantes religieuse, culturelle, politique et socio-économique, combinaison qui définit la spécificité de cette société et forge sa personnalité et répond, ce faisant, à ses aspirations, moyens et priorités, et son interaction  avec le monde extérieur.         
Notre attachement aux conventions et traités internationaux dans le domaine des droits de l’homme ne va pas à l’encontre de la hiérarchisation de nos priorités et la mobilisation des moyens garantissant le succès de notre  démarche. Nous aspirons sincèrement à la modernité et à l’intégration effective dans les processus de la mutation mondiale, tout en étant ouverts à la concertation, à la consultation et aux diverses formes d’échange et de coopération. Nous  n’avons point besoin de leçons ou de conseils qui renient notre spécificité  ou ne respectent notre société. Nous rejetons les tentatives d’aliénation et d’atteinte à la souveraineté nationale au nom du droit d’intervention pour la protection des droits de l’homme, intervention insidieuse qui nous rappelle, de par ses formes et desseins, l’ère de l’expansion et de la domination.           
Les droits de l’homme constituent un tout indissociable devant être  protégé et respecté tant dans les grands pays que dans ceux de moindre envergure. Nous rejetons la tendance discriminatoire et la politique du deux poids, deux mesures quand des voix s’élèvent pour brandir l’étendard de la défense des droits  politiques et civiques dans des pays incapables de subvenir même aux besoins les plus élémentaires de leurs populations. Ces voix même qui passent sous silence les droits socio-économiques et culturels des peuples, spoliés par des Etats qui tendent aujourd’hui à instaurer des droits de l’homme sélectifs en fonction de leurs seuls intérêts. Ces voix qui restent silencieuses devant les situations de déséquilibre, de domination et d’oppression qui caractérisent les relations  internationales, accentuant de ce fait le fossé entre les riches et les pauvres. 
Nous saluons avec respect et humilité, les avancées réalisées dans le processus de la pratique démocratique par la femme algérienne qui, par son combat et ses longs sacrifices, s’est adjugée une place de choix au sein de notre société, en devenant un élément vital dans le processus de développement et de l’édification de l’Etat algérien. La Constitution lui garantit ses droits à part entière en matière d’éducation, de formation, de travail, et d’action  politique. Le droit de vote lui est acquis tout autant que celui de se porter candidate, à assumer différentes fonctions y compris celles de Président de la République. Sa participation s’est vue ainsi confortée dans les différents secteurs civils et militaires, l’habilitant à assumer les plus hautes fonctions  à l’instar de ce que réalise la femme dans les pays développés. Outre les portefeuilles ministérielles, la députation au Parlement et la magistrature, la femme a également réussi durant les dernières années à accéder aux fonctions de wali, recteur  de l’université, ambassadrice, membre du Conseil de la nation.
Je ne manquerai pas de leur rendre un vibrant hommage. Le besoin, nous en sommes tout à fait conscients, est pressant quant à sa promotion de manière continue et notre responsabilité en ce lieu est collective. De notre côté, nous ne ménageons aucun effort à aplanir les obstacles afin d’assurer  une meilleure participation de la femme, au même niveau que l’homme, dans tous les secteurs de développement. Il est tout aussi impératif d’encourager la femme à s’investir davantage dans les activités économiques, politiques et associatives et de lui accorder un intérêt particulier dans les zones rurales et les régions éloignées.         
C’est dans cet esprit même qu’est intervenue l’adoption d’un nouveau code de la famille qui garantit, de la meilleure manière, les droits de la femme et de l’enfant et rétablit l’équilibre entre les conjoints de par les droits et devoirs en adéquation avec les exigences de la Constitution, nos engagements internationaux et nos valeurs civilisationnelles.   
      
Mesdames et Messieurs,         
Les pas importants que nous avons franchis sur la voie de l’édification et du renouveau, au plan interne, trouvent un prolongement dans l’effort considérable fourni au plan externe et grâce auquel notre pays a recouvré, après les années  de difficultés, d’autarcie et d’exclusion, son rôle primordial et la place qui  est sienne et qui lui ont valu confiance, considération et respect.         
Notre pays a contribué, par un apport singulier, à la lutte internationale contre le terrorisme. Et par le rétablissement de la paix, de la stabilité  et de la réconciliation, il a contribué à la promotion du dialogue civilisé, de la tolérance, de la solidarité humanitaire et à l’instauration d’un nouvel  ordre mondial plus équitable dans le strict respect de la légalité internationale, des droits de l’homme et du droit des peuples à défendre leur liberté, leur dignité et leurs intérêts légitimes, y compris celui à l’autodétermination.         
Nous œuvrons en toute sincérité, à consolider les fondements d’une démocratie réelle et juste à l’intérieur. Nous n’avons point baissé d’ardeur pour l’ancrage de cette démocratie au niveau des relations internationales tout en affirmant notre droit à élargir et diversifier la sphère de nos relations  d’amitié et de partenariat avec l’ensemble des pays et regroupements régionaux. Des relations fondées sur le respect mutuel, la coopération avantageuse, la  complémentarité utile, génératrice d’intérêts partagés et de prospérité collective.         
Irréversiblement, notre pays a opté pour l’économie de marché tout en  étant résolu à accélérer le parachèvement de l’assainissement, de la modernisation et d’adaptation des structures économiques et financières pour garantir une  intégration rapide et réussie à la mondialisation. Et à ce titre, nous avons franchi un pas prometteur à travers l’entrée en vigueur de l’accord d’association avec l’Union européenne et l’adhésion dans un proche avenir, à l’Organisation  mondiale du commerce.          Le partenariat que nous voulons ne se limite pas à des transactions purement commerciales et ne se confine pas dans des préoccupations à caractère sécuritaire, comme ce fut le cas pour le processus de Barcelone qui reste insignifiant et loin des objectifs fixés. Il s’agit plutôt d’une relation d’équivalence et de complémentarité, tant en termes de capacités que d’intérêts, d’un partenariat global et équilibré où s’entremêlent les rapports économiques, politiques, sécuritaires, culturels et scientifiques ainsi que les rapports humains que nous voulons plus libres en matière de circulation, plus ouverts en matière d’acquisition des sciences et technologies nouvelles, plus respectueux de la dignité de notre  communauté à l’étranger. Une communauté qui ne cesse de bénéficier de notre attention et intérêt.          L’Algérie qui renaît dans un climat de confiance et d’optimisme véhicule un message d’amitié et de paix à l’humanité tout entière, dans un monde idéal  débarrassé des conflits tribaux et d’ignorance, et de toute autre forme d’exclusion  et de haine, d’extrémisme et de violence, un monde ouvert à la diversité,  à la pluralité, à la différence, un monde qui évolue par la solidarité, la complémentarité,  le partenariat bénéfique seul générateur de richesses.

Peuple algérien vaillant,           
Nous avons franchi, ensemble, d’importantes étapes et des années riches en succès. Nous poursuivons, avec la grâce du Tout-Puissant, notre marche  glorieuse sans hésitation aucune, pour réaliser nos aspirations à des lendemains  heureux et prospères.         
J’avais déjà annoncé en 1999 que le programme national que nous avons  ensemble mis en œuvre en matière de rénovation globale de l’Etat et de la société, appelait un amendement de la Constitution de 1996, née dans une conjoncture de crise asphyxiante qui avait failli détruire les fondements de  la République. Une Constitution élaborée sous la pression de l’épreuve difficile que le pays avait traversée.           L’objectif premier était de garantir la stabilité de l’Etat et d’en assurer la pérennité tout en mettant en place des soupapes de sécurité à tous les niveaux afin de le protéger de tout dérapage dangereux.         
 Il s’agissait également de couper la route devant toute tentative de remuer un passé douloureux ou de souffler sur les braises de la haine, de la fitna et de la violence. Bien qu’étant alors convaincu de la nécessité de l’amendement de la  Constitution, je m’étais, néanmoins, engagé à la respecter et à l’appliquer, compte tenu de la multitude des priorités auxquelles nous avons eu à faire face au cours de cette période ô combien délicate et difficile, priorités qui s’exprimaient en termes de lutte antiterroriste, de traitement de ses divers aspects et conséquences et de consécration de la politique de concorde civile qui a contribué à rétablir  la sécurité et les grands équilibres de l’Etat et à approfondir l’esprit de  tolérance et de solidarité qui s’était si merveilleusement traduit par l’adoption de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale par l’écrasante majorité  du peuple algérien lors d’un référendum grandiose, honnête et transparent le  29 septembre 2005.    Une ère nouvelle avait ainsi commencé pour le pays, l’encourageant à  parachever les étapes prévues dans le processus d’édification et de renouveau.         
Aujourd’hui, alors que l’Algérie a dépassé la situation de crise et de déséquilibre et qu’elle traverse une phase déterminante dans le processus de développement et de renforcement des structures d’un Etat de droit, il est indispensable, à notre sens, de soulever la question de l’amendement de  la Constitution. Celui-ci s’impose non seulement comme une étape avancée, et complémentaire dans le processus de réforme et de modernisation des structures de l’Etat, mais également en ce sens qu’il répond à un souhait populaire large et à une revendication d’une grande partie des forces politiques et du mouvement de la société civile.          L’amendement de la Constitution que nous voulons, traduira les préoccupations et les orientations de la nouvelle étape en harmonie avec l’évolution de l’Etat algérien que nous souhaitons stable, fort et efficace. Une Constitution qui renforcera davantage les droits et les libertés fondamentales ainsi que le contrôle constitutionnel. Une Constitution définissant les règles d’un régime politique  aux contours clairs, précisant davantage les prérogatives et les responsabilités,  veillant au respect du principe de la séparation des pouvoirs, mettant fin aux interférences entre les prérogatives des institutions ainsi qu’à l’amalgame  entre le régime parlementaire et le régime présidentiel.         
L’Algérie qui fait face à des défis de développement global dans un contexte marqué par une mondialisation déferlante a besoin d’un régime fort et homogène en mesure de renforcer et de stimuler les structures de l’Etat en faveur d’une maîtrise rationnelle des priorités nationales stratégiques et d’une meilleure prise en charge des exigences de la gestion et de la bonne gouvernance que nous œuvrons à concrétiser comme culture et comme pratique à tous les niveaux,  pour garantir une démocratie authentique, des institutions républicaines puissantes  et une légitimité constitutionnelle pérenne.   
     
Peuple algérien glorieux,       
Je n’hésiterai point à recourir à la consultation populaire, comme je n’ai pas hésité à le faire chaque fois que cela a été nécessaire, en m’adressant  directement à vous en toute franchise et en toute conviction pour vous demander  de vous prononcer de manière responsable et en toute liberté, tout en m’engageant à respecter votre choix et à l’appliquer.         
C’est pourquoi, — conformément aux prérogatives que me confère la Constitution —  j’invite les citoyennes et les citoyens à exprimer leur avis sur les amendements  proposés à la Constitution. Amendements que nous leur soumettrons prochainement  afin qu’ils puissent en prendre connaissance, convaincus que nous sommes de la sagesse de notre peuple, de la justesse de son avis et de son choix qui ne peut que servir les intérêts suprêmes de la nation tout entière. Sa volonté,  après celle de Dieu, est au-dessus de tous et en toutes circonstances.           
Nous souhaitons que le référendum sur l’amendement de la Constitution  soit organisé, avec la volonté de Dieu, avant la fin de l’année.
S’il est écrit que je dois assumer cette lourde responsabilité en cette conjoncture difficile et s’il est écrit, peuple vaillant, que je dois t’accompagner à bonne destination en ce moment crucial de l’histoire, je reste fermement déterminé, en vertu de l’engagement pris et tant que le Tout-Puissant me gratifie de Son aide et que le peuple m’apporte son soutien, à finaliser l’application du programme que vous avez plébiscité par conviction et soutenu  par bravoure, pour l’édification de l’Algérie du troisième millénaire. Une Algérie  qui renaît et qui marque sa relance sur des bases solides pour la réalisation des grands projets et qui avance, d’un pas sûr, vers des horizons meilleurs faits de dignité et de gloire. 
       
Peuple algérien glorieux,           
L’indépendance réelle que nous escomptons réaliser et pour laquelle nos ancêtres ont payé un lourd tribut est en fait, une finalité difficile à  atteindre tant le chemin d’y parvenir reste long. Nous sommes conscients  que les acquis réalisés qui ne sont qu’un premier pas, raffermissent notre  confiance, confortent notre optimisme et consolident notre résolution à poursuivre le processus de construction et de modernisation auquel notre jeunesse, nous l’espérons, y contribuera pleinement.         
A l’instar des jeunes de Novembre qui ont porté haut l’emblème de la Révolution et de la Libération , les jeunes aujourd’hui, sont appelés à porter tout aussi haut, le flambeau du développement et du progrès. Et s’il ne vous a pas été écrit de tomber en martyrs et en héros dans les Aurès, le Djurdjura, la Casbah et Barberousse, dans les hauts plateaux et le Sahara ou tout autre terre de cette patrie, il est aujourd’hui de votre devoir d’apposer votre empreinte et d’être à l’avant-garde dans la défense de la patrie et l’édification du pays  grâce à votre patience rare, votre effort soutenu et vos grands sacrifices. A cela s’ajoutent votre intelligence qui déborde de génie et de créativité dans les écoles et universités, votre potentiel exceptionnel à l’investissement et vos compétences avérées à gérer les affaires de l’Etat et à sauvegarder l’intérêt général armés de loyauté envers la patrie, de solidarité envers le peuple, de  soutien envers votre direction tout en restant confiant en un avenir meilleur  et prospère.         
Vous êtes l’espoir de la nation, son grand enjeu et ses enfants braves, héritiers d’un legs glorieux qui fut, en un jour comme celui-là il y a 44 ans, une épopée extraordinaire et une gloire éclatante. Vous êtes ceux qui répondent  toujours à l’appel, ceux qui restent fidèles au serment, ceux qui relèvent le défi et ceux qui poursuivent la marche de l’Algérie en démontrant, avec mérite et subtilité, que vous êtes la meilleure relève.         
Louanges à Dieu qui m’a gratifié de ces biens. Louanges au Tout-Puissant de m’avoir donné force et patience pour servir ma patrie en temps de libération comme en temps d’édification et de renouveau. Inébranlable est restée ma foi  et inaltérable est restée ma conviction quant à la grandeur de l’Algérie, au génie de son peuple, à sa capacité de surmonter les épreuves et difficultés, à son aptitude à atteindre les cimes de la gloire et à relever le défi.         
 J’implore Dieu qui exauce les prières, de m’accorder la force d’assumer la responsabilité et d’honorer l’engagement en permettant à mon pays de recouvrer la place qui est sienne sur la voie du progrès et de la prospérité.          
Je vous remercie de votre attention.»