[ L'événement ]

Les directives d’Ouyahia

Par : EL MOUDJAHID   Le : lundi 06 mars 2006

 

 

 

M. Ahmed Ouyahia, chef du gouvernement, a présidé  hier, 6 mars 2006, la première réunion de la commission nationale chargée  du suivi de l’application de l’ordonnance et des décrets présidentiels portant mise en œuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.
Cette commission dont l’institution a été décidée par le Président  de la République, lors du Conseil des ministres du 27 février dernier, regroupe messieurs le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, le ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, le ministre de la Justice , garde des Sceaux, le ministre des Finances, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, le directeur général de la Sûreté nationale, le commandant de la gendarmerie nationale et le directeur général de la Fonction publique.
A cette occasion, le chef du gouvernement a d’abord relevé que les textes de mise en œuvre de la Charte , promulgués par le Président de la République, sont actuellement l’objet d’une large diffusion par voie de presse, afin de  permettre à l’opinion, en général, et à leurs bénéficiaires, en particulier, de prendre connaissance de leur contenu exact.
A l’endroit des structures chargées de la mise en œuvre de ces dispositions, le chef du gouvernement a rappelé que l’ordonnance et les décrets présidentiels l’accompagnant se distinguent par une grande clarté quant aux mesures arrêtées, aux bénéficiaires de celles-ci mais aussi quant aux procédures à suivre.
M. Ouyahia a rappelé que les mesures judiciaires relatives à la consolidation de la paix sont du seul ressort du juge qui les appliquera, sans interférence des autorités exécutives et dans le strict respect de l’ordonnance de mise en œuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.
Quant aux autres mesures relevant des administrations, nationales et  locales, elles devront mobiliser sans relâche les différentes autorités concernées pour leur application diligente, a ajouté le chef du gouvernement, précisant que la commission nationale a pour devoir de suivre cette application, l’impulser et, le cas échéant, de lever toute éventuelle entrave qui viendrait à apparaître  sur le terrain.

A ce titre, M. Ouyahia a émis les directives ci-après :

Sous l’autorité du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur  et des Collectivités locales, les walis sont tenus de procéder à l’installation de la commission locale qu’ils présideront personnellement, commission qui reflétera  la composition de la commission nationale à l’exception du représentant de la justice.
Les commissions locales doivent être installées dans le courant de la semaine prochaine.

Les recensements déjà établis de manière détaillée au niveau central,  pour les disparus, doivent être diffusés aux walis, chacun en ce qui concerne  sa circonscription territoriale, et cela avant le 15 mars courant.
Cela permettra aux walis de préparer leurs administrations locales  à répondre aux démarches des ayants droit des disparus, une fois le jugement de décès obtenu auprès des tribunaux.

Les listes des terroristes abattus, élaborées également au niveau central, doivent être, au plus tard le 15 de ce mois, transmises aux walis, chacun en ce qui concerne sa circonscription.
Sur la base de ces états, les walis sont tenus d’engager sous leur responsabilité, les enquêtes sociales à même d’identifier les familles concernées qui sont démunies  et donc éligibles à l’aide de l’Etat au titre de la solidarité nationale.

Les administrations de wilaya concernées par le traitement de ce dossier doivent être sensibilisées à la nécessité de recevoir les citoyens concernés  par le bénéfice des mesures de mise en œuvre de la charte, et d’une manière générale de se mettre à l’écoute du public, pour éclairer les requérants, et les assister dans les démarches à entreprendre, comme cela est indiqué dans  l’ordonnance et les décrets d’application.

Toutes les administrations et autorités centrales concernées par  la mise en œuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale doivent installer, à leur niveau, une cellule de suivi de ce dossier, pour répondre aux interpellations des administrations locales et pour les assister dans l’accomplissement  de cette importante mission qui est l’application de la volonté du peuple souverain.

Le projet de décret présidentiel relatif à la réintégration dans  le monde du travail ou, le cas échéant, l’indemnisation, doit être finalisé  dans le courant de ce mois et soumis à Monsieur le Président de la République.
Le
chef du gouvernement a également insisté sur la rigueur qui doit caractériser la conduite de cette opération, de sorte à ce que tout droit reconnu  par la loi et ses textes d’application soit consacré, sans entrave aucune, mais aussi que toute tentative de dépassement soit prévenue dans le respect de l’esprit et de la lettre des textes portant mise en œuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.
Enfin, la commission nationale a convenu de se réunir deux fois par  mois, pour prendre en charge sa mission et rendre compte périodiquement au chef  de l’Etat.

Les membres de la Commission
Cette
commission est composée du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, M. Noureddine Yazid Zerhouni, du ministre d’Etat,  ministre des Affaires étrangères, M. Mohammed Bedjaoui, du ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, M. Abdelmalek Guenaïzia, ainsi que  des ministres de la Justice , garde des Sceaux, M. Tayeb Belaïz, des Finances,  M. Mourad Medelci, du Travail et de la sécurité sociale, M.Tayeb Louh, de l’Emploi et de la Solidarité nationale, M. Djamel Ould-Abbès.         
Le directeur général de la sûreté nationale, M. Ali Tounsi, le commandant  de la gendarmerie nationale, le général-major Ahmed Boustila, et le directeur  général de la fonction publique, M. Djamel Kherchi, sont également membres de  la commission.         
L’installation de cette commission a été décidée par le président de  la République lors du Conseil des ministres du 27 février dernier.