La mise en œuvre du programme du Président de la République à l’ordre du jour

 

Le Conseil des ministres a tenu le 13 mai dernier une réunion sous la Présidence de M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République , à  l'issue de laquelle il a rendu public le communiqué suivant :         

"Durant cette réunion, le Conseil des ministres a entendu une présentation, par Monsieur le Premier ministre, du projet de plan d'action pour la mise en œuvre du programme du Président de la République.

Ce document énonce les mesures et actions par lesquelles le gouvernement s'attellera à l'exécution du programme de M. Abdelaziz Bouteflika, approuvé par la majorité du peuple lors de l'élection présidentielle du 9 avril dernier.

Le plan d'action présente d'abord la démarche pour la consolidation de la paix et de la réconciliation nationale, le raffermissement de l'unité  nationale, la promotion des libertés démocratiques, des droits de l'homme, de la liberté de la presse, ainsi que de l'égalité constitutionnelle entre les hommes et les femmes. Il expose également les mesures destinées au renforcement de l'Etat de droit et de la bonne gouvernance, à travers, la poursuite de la réforme de  la justice, la modernisation de l'administration publique, la réforme des collectivités locales, ainsi que l'amélioration de la gestion du territoire, du cadre urbain et de l'environnement. Le plan d'action énonce aussi les actions de nature à améliorer l'environnement économique, grâce à la modernisation du système financier y compris pour l'accès au crédit, le développement de l'offre foncière pour l'investissement, le renforcement des infrastructures de base, ainsi que la modernisation des mécanismes de régulation  et de lutte contre les fraudes. Il présente, en outre, la démarche de développement et de diversification de l'économie nationale qui s'appuiera sur le programme quinquennal d'investissements publics à hauteur de l'équivalent de 150 milliards de dollars, offrant un plan de charge exceptionnel aux opérateurs, et qui tirera également profit de l'amélioration de l'environnement de l'activité au bénéfice des investisseurs, devant aboutir notamment à la création de 200.000 nouvelles petites et moyennes entreprises durant les cinq années. En outre, cet engagement dans le domaine économique sera accompagné de mesures incitatives dans de nombreux secteurs d'activité. La croissance et la diversification économiques contribueront à la lutte  contre le chômage, laquelle mobilisera aussi d'autres mesures spécifiques  de formation, recyclage et soutien aux micro-crédits pour les personnes sans emploi et notamment les jeunes. Il est attendu la création de trois millions  de nouveaux emplois durant les cinq prochaines années. Le plan d'action expose, en outre, la poursuite du développement humain dans ses diverses dimensions, dont la livraison d'un million de nouveaux logements durant les cinq années, la couverture des besoins sociaux de la population et l'amélioration des prestations, notamment, dans les domaines de la santé et de la protection sociale, de l'éducation, de l'enseignement supérieur, de  la formation, de la culture, ainsi que de la jeunesse et des sports. Enfin, le document rappelle les principes et les objectifs qui  guideront, sous la conduite du Chef de l'Etat, l'action internationale du gouvernement  ainsi que sa contribution à la modernisation du potentiel de défense nationale. Intervenant à la suite de l'adoption du Plan d'action du gouvernement, le Président Abdelaziz Bouteflika a rappelé que la confiance placée par le peuple dans le programme auquel il a démocratiquement accordé sa majorité le 9 avril  dernier, est l'expression d'espoirs et d'attentes auxquels des réponses doivent impérativement être apportées."C'est là un objectif à la portée de notre pays, au regard des étapes déjà franchies dans la reconstruction nationale et des moyens dont nous disposons. Mais cela exige surtout une mobilisation et un engagement exemplaires du gouvernement  ainsi que de l'ensemble des cadres et agents de l'Etat", a ajouté le Président de la République. "A cet effet, j'attends du gouvernement qu'il soumette un échéancier détaillé pour la mise en œuvre des différentes actions consignées dans le Plan d'action. Cela nous permettra de veiller à prévenir et à rectifier à temps tout retard constaté. Je tiens également à souligner que chaque membre du gouvernement devra assumer ses responsabilités et rendre compte de l'exécution du programme  dans son secteur, qu'il s'agisse des actions de réformes et de modernisation, de l'amélioration du service public, de la lutte contre l'atteinte à la loi,  y compris dans le champ économique, ou qu'il s'agisse de la prise en charge des différents volets du développement social. Nos délibérations futures nous permettrons d'y veiller régulièrement et de près", a poursuivi le Président de la République.  Par ailleurs, le Chef de l'Etat a instruit le gouvernement de préparer activement le projet de programme d'investissements publics pour la période  2010 à 2014."Ce programme devra mobiliser rationnellement les ressources destinées à inciter le développement et la diversification de l'économie, à garantir la poursuite du développement social en veillant à la résorption des retards dans certaines contrées du pays, et à assurer enfin la pérennité de la politique  nationale de justice sociale et de solidarité", a précisé le Président Abdelaziz  Bouteflika. Le Président de la République a, enfin, chargé le gouvernement de préparer à travers le dialogue social et la finalisation des textes découlant du nouveau statut général de la Fonction publique, les mesures qui seront décidées en matière d'amélioration du pouvoir d'achat des travailleurs, et dont les crédits requis devront être mobilisés dans la prochaine loi des finances.         

l Le Conseil des ministres a, également, examiné et approuvé un projet de loi relative à la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'homme, qui a été présenté par le ministre de la Justice , garde  des Sceaux. La promotion et la protection des droits de l'homme sont clairement garanties par la Constitution et n'ont cessé de faire l'objet d'une attention particulière du Président de la République. En témoignent, notamment, la création en 2001 de la Commission nationale consultative de promotion et de protection  des droits de l'homme. C'est le souci de renforcer la place et le rôle de cette commission qui a conduit le Chef de l'Etat à charger le gouvernement d'élaborer un projet de loi destiné à consolider son assise juridique ainsi que sa crédibilité au niveau international, notamment, auprès du système des Nations unies. A ce titre, le projet de loi prévoit, notamment, une représentation plus large au sein de ladite commission, en y incluant, aux côtés des représentants de la société civile et des différents institutions et organes, des personnalités nationales indépendantes ainsi que des experts nationaux siégeant dans des organisations internationales des droits de l'homme. Conformément aux principes des Nations unies relatifs aux institutions  nationales de promotion et de protection des droits de l'homme, ainsi qu'à la pratique universelle, le projet de loi renvoie à un texte réglementaire les  précisions relatives aux missions, à la composition, ainsi qu'aux modalités d'organisation et de fonctionnement de la Commission nationale consultative  de promotion et de protection des droits de l'homme qui demeurera placée auprès du Président de la République , garant de la Constitution , des droits fondamentaux et des libertés publiques. Dans son intervention, le Président Abdelaziz Bouteflika a relevé que l'élaboration de ce projet souligne l'importance que l'Algérie accorde à la  question des droits de l'homme."Le peuple algérien, attaché à ses propres valeurs, a versé des sacrifices lourds pour le recouvrement de son droit à la liberté. Dans l'indépendance restaurée il a, en permanence, érigé en priorité les droits des citoyens à la dignité,  au développement, et à la sécurité. Les mutations que l'Algérie a connues ces dernières décennies sont venues consacrer davantage le respect des droits et libertés individuelles et collectives. C'est donc cet approfondissement de la  promotion et du respect des droits de l'homme que nous nous sommes attelés à faire progresser tout au long de cette décennie, sur tous les fronts, à travers la consolidation de la sécurité et de la paix par la voie de la réconciliation nationale, la réforme profonde de la justice, ainsi que les efforts de développement humain dans tous les domaines", a souligné le Chef de l'Etat. En conclusion, le Président de la République a invité toute la société  à concourir à la promotion des droits de l'homme et au respect des droits et  libertés individuelles, en veillant à la prise en charge des devoirs de chaque citoyen et en réhabilitant dans tous les domaines, l'esprit civique, l'intérêt général et la citoyenneté. Le Conseil des ministres a, en outre, entendu et débattu une communication du ministre de la Santé , de la Population et de la Réforme hospitalière, sur les mesures préventives prises pour faire face à la menace de grippe "A" apparue  dans le monde. Il en est ressorti que, depuis l'annonce par l'Organisation mondiale de la santé, le 24 avril dernier, que la grippe dite "A/H1N1" constituait une urgence de santé publique, le gouvernement s'est attelé, conformément aux directives de Monsieur le Président de la République , à prendre toutes les mesures préventives requises face à cette menace sanitaire, et cela bien qu'aucun cas n'ait été  décelé, à ce jour, dans notre pays.  Ces dispositions préventives, adaptées à la phase 5 d'alerte décrétée par l'Organisation mondiale de la santé, consistent actuellement en un contrôle  et une veille sanitaires, aux postes d'entrée en Algérie par voie aérienne, maritime et terrestre, la mise en place de cellules d'alerte et de suivi, sous la direction des autorités sanitaires et des walis, tant au niveau central qu'au niveau local, ainsi que la préparation des structures de santé publique à travers le pays à pouvoir faire face au traitement de tout cas qui viendrait à être  suspecté ou constaté. Des séminaires d'information et de mise à niveau ont également été organisés  au profit des responsables et médecins mobilisés dans ce cadre préventif. Les équipements et les consommables médicaux sont disponibles dans le pays, en quantité suffisante, sous le contrôle de la santé publique. Il en est de même de la disponibilité  d'un stock de traitement antiviral (Tamiflu), de l'ordre de 6,5 millions de  doses, en conformité avec les normes de l'Organisation mondiale de la santé qui prévoient un ratio préventif équivalent à 20% de la population. En parallèle, une campagne d'information et de sensibilisation est déployée en permanence en direction de l'opinion publique, alors que des cellules d'écoute et de veille ont été installées au niveau de l'administration de la santé publique.         
Intervenant sur ce dossier, le Président de la République a relevé que les mesures arrêtées et les stocks de moyens et de traitement antiviral constitués  lors de la menace de grippe aviaire, il y a trois années, permettent aujourd'hui à notre pays de faire face à cette nouvelle menace sanitaire apparue dans le  monde. Partant, le Chef de l'Etat a instruit le gouvernement à renforcer rationnellement les stocks pouvant s'avérer utiles devant cette nouvelle situation, qui doit être suivie au quotidien. "Les services de contrôle et d'intervention concernées  doivent également approfondir leur maîtrise des procédures et leur coordination, notamment, en prévision de l'augmentation du nombre des visiteurs durant la  saison estivale. En outre, le gouvernement doit veiller à maintenir et développer  la coordination avec l'Organisation mondiale de la santé ainsi qu'avec nos partenaires internationaux, au premier chef, les pays voisins", a ajouté le Chef de l'Etat."En tout état de cause aucun effort ni moyen ne doit être négligé dans la vigilance sereine que nous devons maintenir pour garantir la protection de la santé de nos citoyens face à cette menace d'épidémie nouvelle, qui retient l'attention de toute la communauté internationale", a conclu le Président de  la République.   *

Le Conseil des ministres a, par ailleurs, entendu une communication du ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, et approuvé les marchés de gré à gré simple avec les entreprises nationales portant  sur l'acquisition et la maintenance de divers matériels destinés aux collectivités locales. Le Conseil des ministres a aussi examiné et approuvé deux projets de décrets présidentiels :         

1. autorisant la régularisation des souscriptions de l'Algérie au titre  des précédentes reconstitutions de l'Association internationale pour le développement  (AID) ;        
2. autorisant la souscription de l'Algérie à la quinzième reconstitution des ressources de l'Association internationale pour le développement (AID). Ces souscriptions permettent à notre pays de conforter son droit de vote au sein de l'Association internationale pour le développement (AID). Le Conseil a, en outre, examiné et adopté neuf projets de décrets présidentiels  portant approbation d'avenants de contrats et de contrats passés entre l'Agence  nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures "ALNAFT", la  société nationale Sonatrach et différentes sociétés étrangères, dans le domaine  de la recherche, l'appréciation et l'exploitation d'hydrocarbures au niveau  des périmètres concernés. Le Conseil des ministres a, enfin, examiné et approuvé des décisions individuelles relatives aux emplois supérieurs de l'Etat.