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Le
Conseil de la monnaie et du crédit, réuni en session ordinaire
le 6 avril 2006 sous la présidence de M. Laksaci Mohammed,
gouverneur de
la Banque
d’Algérie, a effectué une revue de la situation monétaire de
2005 et a examiné la projection des agrégats monétaires et de
crédit pour l’année 2006.
1 - L’Algérie a renforcé, d’une manière soutenue, la
stabilité macroéconomique ces dernières années, tout en réalisant
une forte croissance (5,1% en 2005). La croissance forte et
soutenue, sous l’impulsion du programme de soutien à la
croissance, la maîtrise de l’inflation ainsi que la position
financière extérieure solide et la viabilité des finances
publiques en témoignent.
La forte position financière extérieure nette de l’Algérie
est bien reflétée par l’accumulation soutenue des réserves
officielles de change (56,18 milliards de dollars à fin 2005) en
contexte de réduction significative de l’encours de la dette
extérieure à moyen et long terme à 16,4 milliards de dollars à
fin 2005.
Cette viabilité avérée de la balance des paiements est ancrée
dans le contexte de convertibilité du dinar pour toutes les
transactions internationales courantes de bonne foi, d’autant
plus que
la Banque
d’Algérie conduit la politique de taux de change dans
l’objectif de stabilité du taux de change effectif réel du
dinar à son niveau d’équilibre depuis 2003. Ainsi, la
politique de taux de change poursuivie par
la Banque
d’Algérie continue de bien servir l’économie nationale.
C’est dans ce contexte de solidité marquée de la position des
réserves officielles de change, que l’année 2005 s’est
caractérisée par un nouveau phénomène monétaire, à mesure
que les avoirs extérieurs nets ont dépassé l’agrégat monétaire
m2 (monnaie fiduciaire, dépôts à vue, et les dépôts à terme
en dinars et les dépôts en devises), à la fin de cette année.
La consolidation particulière de la stabilité monétaire en2005,
avec un ratio de liquidités qui est tombé à 55 contre 61 en
2004, et la stabilité du taux de change effectif réel du dinar
constituent les éléments pivots des fondamentaux de l’économie
nationale. La stabilité monétaire est également reflétée par
le faible niveau de l’inflation des prix en 2005, 1,6% en
moyenne annuelle et 1,7% en glissement en cohérence avec la
diminution tendancielle de l’inflation monétaire tout au long
de ces dernières années. Le taux de croissance de la masse monétaire
a reculé à 10,9% en 2005, après un passage de 15,6% en 2003 à
11,9% en 2004.
Parallèlement, les crédits à l’économie ont enregistré une
reprise significative car leur taux de croissance est monté à
15,8% en 2005, après que son rythme d’expansion eut atteint
11,2% en 2004 contre 9% en 2003. En termes réels, la croissance
des crédits à l’économie s’est élevée à 13,9% en 2005
contre 9,1% en 2004 et seulement 4,8% en 2003. Il s’agit là
d’une forte croissance des crédits à l’économie
comparativement au taux de croissance du produit intérieur brut
en volume. De plus, le ratio crédits au secteur privé/produit
intérieur brut hors hydrocarbures s’est élevé à 21,3% en
2005, en contexte de concentration des risques crédits.
2-Le cadre macroéconomique pour l’année 2006 se caractérise
par une forte réduction de la dette publique extérieure, la
poursuite de l’objectif d’un taux d’inflation de 3% à moyen
terme ainsi que la stabilité du ratio de liquidités.
Sous l’effet de l’augmentation des avoirs extérieurs nets de
la Banque
d’Algérie et de l’amélioration de la trésorerie publique,
le taux de croissance de l’agrégat monétaire M2 se situerait
dans la fourchette de 14,8% à 15,5% pour l’année 2006. En conséquence,
les crédits à l’économie augmenteraient à un rythme compris
entre 11,7% et 12,5%, sachant que la sphère budgétaire restera
une importante source de financement de l’activité économique
en 2006 et donc de soutien à la croissance économique hors
hydrocarbures. De plus le ratio dette extérieure à moyen et long
terme sur le produit intérieur brut tombera à moins de 4% en
2006 dans le cadre de la décision stratégique du remboursement
par anticipation, avec une viabilité à moyen terme de la balance
des paiements renforcée et une stabilité monétaire durablement
ancrée.
Par ailleurs, l’importance accrue des ressources stables
interpelle les banques pour une amélioration soutenue des
ratios d’intermédiation bancaire, en recourant aux bonnes
pratiques en matière de gestion des risques crédits et en améliorant
la qualité des services bancaires.
La Banque d’Algérie poursuivra, en 2006, la conduite de la
politique monétaire au moyen d’instruments indirects de marché
monétaire, tout en affinant le contrôle de la liquidité
bancaire en contexte de pleine exploitation du système de règlements
bruts en temps réel de gros montants et paiements urgents ARTS.
En tant qu’élément important de la stabilité financière et
de la sécurité financière, la stabilité monétaire est un
ancrage pour une croissance forte et diversifiée. Le programme de
consolidation de la croissance (2005-2009) apporte une opportunité
additionnelle de dynamique de croissance diversifiée et durable. |