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M.
MEDELCI: L'instauration d'une zone d'exclusion aérienne en Libye
est du ressort du conseil de sécurité
Le Ministre des Affaires Etrangères, M. Mourad MEDELCI, a indiqué
samedi au Caire que l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne
en Libye était du ressort du seul conseil de sécurité.
A propos de cette zone, encore en débat et pour la première fois
au niveau du conseil de
la Ligue
arabe, M. MEDELCI a souligné lors de l'actuelle réunion
extraordinaire du conseil ministériel de
la Ligue
, que cette mesure "ne peut et ne saurait être prise en dehors
du cadre du conseil de sécurité et conformément aux mécanismes
et mesures de
la Charte
des Nations-unies".
Le conseil de sécurité, a-t-il rappelé, avait affirmé dans sa résolution
1970 du 26 février 2011, qu'il "mesurait sa responsabilité
principale en matière de maintien de la paix et de la sécurité
internationales".
Dans une interview publié dans le quotidien français Le Monde, le
chef de la diplomatie algérienne a souligné que l'Algérie
s'opposait d'autre part à toute intervention étrangère mais
qu'elle n'avait pas évidemment la décision dans ce domaine.
"Nous sommes contre (l'ingérence étrangère) mais nous ne
sommes pas seuls et je peux comprendre que les messages de la
communauté internationale deviennent de plus en plus fermes",
a-t-il dit.
"Si la situation devait durer, on sait très bien qu'à un
moment ou à un autre, le Conseil de sécurité prendrait des décisions",
a-t-il poursuivi, suggérant de laisser au conseil "l'appréciation
de la situation".
"Espérons qu'il n'y aura pas d'intervention", a cependant
conclu M. MEDELCI.
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M.
MEDELCI exprime son inquiétude sur
la Libye
sur laquelle "pèse une menace terroriste"
M. Mourad MEDELCI, Ministre des Affaires Etrangères, a exprimé à
un journal français son "inquiétude" sur la situation
qui prévaut en Libye et évoqué la "menace terroriste"
qui pèserait sur ce pays.
"Bien sûr nous sommes très inquiets à propos de
la Libye. C
’est maintenant le troisième pays qui fait que la zone est en ébullition",
a-t-il dit dans un entretien au journal Le Monde dans son édition
de samedi.
"Nous sommes très inquiets parce qu’il y a une opposition
armée entre une partie de la population et une autre et parce que
l’usage des armes est devenu incontrôlable", a-t-il ajouté,
relevant que le "Guide libyen le dit lui-même, il y a une
menace terroriste".
"Nous qui l’avons vécue nous ne pouvons pas courir le risque
de la voir réapparaître de l’autre côté de la frontière », a
souligné M. MEDELCI.
"On sait qu’il y a des terroristes dans le sahel, il y a
risque aujourd’hui qu’il se développe en Libye" a-t-il mis
en garde, estimant que "si on trouve des armes et de
l’argent, c’est un terreau. Nous ne pouvons pas gérer le
terrorisme une fois qu’il frappe à notre porte. Nous sommes
tenus, vous comme nous, de prendre des mesures à caractère préventif.
Il faut arrêter le plus rapidement cette situation de
violence", a averti M. MEDELCI.
Sur l’hypothèse d’une "ingérence" de l’Algérie,
il a déclaré que l'Algérie y est contre. "Nous sommes contre
une intervention étrangère mais nous ne sommes pas seuls et je
peux comprendre que les messages de la communauté internationale
deviennent de plus en plus fermes", a-t-il dit.
"Si la situation devait durer, on sait très bien qu’à un
moment ou un autre le Conseil de sécurité prendrait des décisions",
a-t-il poursuivi, suggérant de laisser au conseil "l’appréciation
de la situation, mais espérons qu’il n’y aura pas
d’intervention".
"Le Guide libyen est en train d’envoyer des messages partout.
De l’opposition de Benghazi aussi", a-t-il rappelé,
indiquant que "nous sommes en présence de deux camps (à) Le
climat est peut-être favorable pour tenter une médiation. Je ne
sais pas si elle est possible. Vous connaissez les résultats des précédentes
interventions étrangères n’est-ce pas ? Nous ne pouvons pas
nourrir le terrorisme", a affirmé M MEDELCI.
M. Mourad MEDELCI, ministre des Affaires étrangères, a exprimé à
un journal français son "inquiétude" sur la situation
qui prévaut en Libye et évoqué la "menace terroriste"
qui pèserait sur ce pays.
"Bien sûr nous sommes très inquiets à propos de
la Libye. C'est
maintenant le troisième pays qui fait que la zone est en ébullition",
a-t-il dit dans un entretien au journal Le Monde dans son édition
de samedi.
"Nous sommes très inquiets parce qu'il y a une opposition armée
entre une partie de la population et une autre et parce que l'usage
des armes est devenu incontrôlable", a-t-il ajouté, relevant
que le "Guide libyen le dit lui-même, il y a une menace
terroriste".
"Nous qui l'avons vécue nous ne pouvons pas courir le risque
de la voir réapparaitre de l'autre côté de la frontière », a
souligné M. MEDELCI.
"On sait qu'il y a des terroristes dans le sahel, il y a risque
aujourd'hui qu'il se développe en Libye" a-t-il mis en garde,
estimant que "si on trouve des armes et de l'argent, c'est un
terreau. Nous ne pouvons pas gérer le terrorisme une fois qu'il
frappe à notre porte. Nous sommes tenus, vous comme nous, de
prendre des mesures à caractère préventif. Il faut arrêter le
plus rapidement cette situation de violence", a averti M.
MEDELCI.
A une question sur l'intervention étrangère, il a déclaré que
l'Algérie y est contre. "Nous sommes contre une intervention
étrangère mais nous ne sommes pas seuls et je peux comprendre que
les messages de la communauté internationale deviennent de plus en
plus fermes", a-t-il dit.
"Si la situation devait durer, on sait très bien qu'à un
moment ou un autre le Conseil de sécurité prendrait des décisions",
a-t-il poursuivi, suggérant de laisser au conseil "l'appréciation
de la situation, mais espérons qu'il n'y aura pas
d'intervention".
"Le Guide libyen est en train d'envoyer des messages partout.
De l'opposition de Benghazi aussi", a-t-il rappelé, indiquant
que "nous sommes en présence de deux camps (à) Le climat est
peut-être favorable pour tenter une médiation.
Je ne sais pas si elle est possible. Vous connaissez les résultats
des précédentes interventions étrangères n'est-ce pas ? Nous ne
pouvons pas nourrir le terrorisme", a affirmé M MEDELCI.
Sur des rumeurs circulant sur une aide de l’Algérie à
la Libye
, il dira que cette rumeur "est venue de Benghazi et qu’elle
a été démentie par le Président du Comité national de
transition et que l’Algérie n’a rien à avoir avec ces
histoires".
Il a par ailleurs affirmé que l’Algérie est "très
impressionnée par le mouvement populaire en Tunisie caractérisé
par une sorte d’intransigeance qui a montré que les Tunisiens
avaient accumulé une rancoeur et des attentes inassouvies".
Selon lui, le mouvement a atteint "une radicalisation et
aujourd’hui
la Tunisie
a maintenant des institutions transitoires reconnues par tous et que
cela nous fait espérer une nouvelle étape".
Sur le discours du Roi marocain Mohamed VI, M. MEDELCI a relevé
qu’"il nous a semblé apporter des éléments extrêmement
importants sur le terrain politique marocain" mais relevant
cependant que "par rapport aux mouvements tunisiens et égyptien,
les aspects qui nous séparent sont nombreux ».
L’Algérie, a-t-il dit "est un pays pluriel, aucun parti
n’est capable de faire adopter une loi tout seul", ajoutant
que cela fait quand même une grosse différence".
Il a en outre rappelé que l’Algérie "a déjà fait sa
mutation en 1988" mais cette révolution "a été masquée
par le fait qu’ensuite nous avons vécu dix ans de tragédie
nationale".
"Depuis 2000 la réconciliation nationale, le mouvement réformateur
a repris sur le plan social, économique et même culturel (à.) a
souligné M. MEDELCI, ajoutant que la spécificité de l’Algérie
"est qu’elle est maintenant en chantier et qu’"en
aucun cas, elle ne peut être considérée comme une maison fermée".
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M.MEDELCI:
L'Algérie appelle à la cessation immédiate des violences en Libye
et à l'ouverture d'un dialogue national
L'Algérie a appelé samedi à l'arrêt immédiat de la violence en
Libye et à l'ouverture d'un dialogue national sans préalables afin
de permettre au peuple libyen de trouver des solutions qui répondent
à ses aspirations et ambitions et qui garantissent l'unité et
l'intégrité territoriale de son pays.
Dans son intervention lors de la réunion extraordinaire du conseil
ministériel de
la Ligue
arabe, M. Mourad MEDELCI, ministre des Affaires étrangères, a fait
part de la profonde inquiétude de l'Algérie à l'égard de la
situation en Libye marquée par "une escalade de la tension et
une impossibilité d'ouvrir un dialogue".
"La situation en Libye est plus que tragique pour les frères
libyens car marquée par des tueries et une destruction outre le
nombre important de personnes fuyant vers les frontières avec l'Algérie
et tous les pays voisins", a indiqué M. MEDELCI.
Il a ajouté que le grave dérapage que connaît
la Libye
, et marqué par une prolifération d'armes sans précédent,
constitue "une menace directe pour la paix et la sécurité
dans la région", rappelant que l'Algérie adhère aux efforts
de la communauté internationale visant la cessation immédiate des
violences à même de permettre un retour de la sécurité et de la
stabilité dans le pays.
Il citera à ce propos, les conclusions de la réunion du 2 mars
lors de laquelle les chefs de la diplomatie arabe ont exprimé leur
refus catégorique de toute ingérence étrangère, insistant sur la
nécessité d'une coordination permanente avec les organisations
compétentes de l'Union africaine (UA), particulièrement après la
position constructive prise par celle-ci lors de sa réunion de
vendredi.
Concernant "la zone d'exclusion aérienne en Libye",
encore en débat et pour la première fois au niveau du conseil de
la Ligue
arabe, il dira que cette mesure "est du seul ressort du conseil
de sécurité et ne saura en aucune manière être prise en dehors
de ce cadre et conformément aux mécanismes et mesures de
la Charte
des Nations-unies".
Le conseil de sécurité, a-t-il dit, avait affirmé dans sa résolution
1970 en date du 26 février 2011, qu'"il mesurait sa
responsabilité principale en matière de maintien de la paix et de
la sécurité internationales".
M. MEDELCI a, d'autre part, estimé important de sortir avec une
position en adéquation avec la situation prévalant en Libye.
"Notre conseil, a-t-il poursuivi, se doit d'appeler les
Libyens, autorité et opposition, à la cessation immédiate des
violences et à l'ouverture d'un dialogue en vue d'un règlement des
problèmes et d'un retour de la stabilité et de la sécurité".
La réunion de ce jour "devra également décider de la création
d'une commission d'enquête et de suivi de la situation en Libye qui
présentera un rapport détaillé à la prochaine réunion des
ministres arabes des Affaires étrangères", a-t-il enfin
affirmé
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Libye
: l'Algérie prend acte de la résolution 1973 du Conseil de sécurité
L'Algérie, qui suit avec une profonde préoccupation la crise en
Libye, prend acte de l'adoption, par le Conseil de sécurité des
Nations unies, de la résolution 1973 (2011) et partage pleinement
l'objectif de cessation immédiate des violences fratricides dans ce
pays.
Partie prenante aux efforts de
la Ligue
des Etats arabes et de l'Union africaine, l'Algérie apportera sa
contribution à tout effort de règlement visant à favoriser une réponse
aux aspirations du peuple libyen frère dans le cadre du respect de
sa souveraineté et de son unité et de la préservation de l'intégrité
territoriale de son pays.
L'Algérie réaffirme, à cet égard, qu'il revient au peuple libyen
de décider par la voie du dialogue national de son devenir et se
tient, dans ces moments difficiles, aux côtés du peuple libyen frère
et continuera à lui témoigner sa solidarité.
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LA DIPLOMATIE ALGÉRIENNE
FACE AUX GRANDES QUESTIONS DE L’HEURE
Dans un entretien accordé au quotidien l’Expression, M. Mourad
MEDELCI, Ministre des Affaires Etrangères, a répondu aux questions
portant sur les sujets brûlants de l’actualité internationale:
Libye, Tunisie, Maroc, France etc...
Monsieur le Ministre,
la Libye
focalise l’actualité régionale et internationale. En visite en
Algérie, le Ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï
Lavrov, a fait part, mardi dernier, de ses craintes d’une
recrudescence du terrorisme, tout en jugeant excessives les frappes
sur ce pays voisin. L’Algérie partage-t-elle, Monsieur le
Ministre, la même vision que
la Russie
sur la situation en Libye?
L’Algérie s’est exprimée à maintes reprises, a travers des
organes de presse étrangers pour faire passer des messages à
l’extérieur. Elle s’est exprimée, également, à travers les
organes de la presse nationale, c’est pour cela que je suis
heureux de vous recevoir, aujourd’hui, pour continuer à apporter
des éclaircissements.
J’ai mis la lumière sur le risque terroriste qui était lié aux
événements que nous constatons, malheureusement, en Libye. La
situation dans ce pays se caractérise d’une part, par une déliquescence
du pouvoir, et par un foisonnement d’armes dont l’utilisation
est plus ou moins, incontrôlée.
L’Algérie a appelé à l’arrêt des hostilités. Avant même
que la résolution 1973 n’ait été prise, nous avions condamné
les hostilités tout en demandant le cessez-le-feu entre Libyens
d’abord.
Dans notre esprit, il n’existe pas de violences que nous devons gérer
différemment. C’est le même message appelant à l’arrêt des
combats qu’ils viennent des Libyens ou des étrangers que nous réitérons
aujourd’hui. Parce qu’il s’agit de nos frères et voisins avec
lesquels nous avons une histoire commune.
Le deuxième message ne concerne pas seulement
la Libye
mais il est valable pour la sous-région. Nous avons dit à la
communauté internationale: faisons attention, si vous continuez
ainsi, vous allez devoir gérer un problème de recrudescence non
pas du terrorisme, mais des capacités offertes aux terroristes dont
la nuisance va s’exprimer davantage. Notre message est d’attirer
l’attention sur les effets secondaires de ce premier «séisme»,
car nous constatons que les Libyens sont en train de s’entre-tuer.
Il y a un second «séisme» qui risque de se préparer avec le
foisonnement d’armes dans la région.
A ce moment-là cela ne concernera pas seulement les Libyens, mais
tous ses pays voisins, plus particulièrement l’Algérie. Notre
pays a vécu cela dans sa chair. Dans son histoire. Elle sait que la
vigilance, qu’elle a toujours mis en avant, même lorsque nous
avions le sentiment d’avoir vaincu le terrorisme, restait toujours
de mise.
Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons attirer l’attention de
tous les pays de la région et l’ensemble de la communauté
internationale que ce qui se passe en Libye peut être considéré
comme une chance de plus que nous donnons aux terroristes.
Cette situation va être, évidemment, exacerbée par
l’intervention étrangère, dans la mesure où elle va donner une
validité au développement de l’action terroriste sur le plan idéologique.
C’est ce message que nous avons donné, hier, lors de la conférence
de presse conjointe avec le ministre russe, M.Lavrov. La position
russe est la même que la nôtre et beaucoup de pays influents la
partagent.
La position de l’Algérie a été jugée ambiguë concernant la
décision de
la Ligue
arabe au point où il a été dit que nous étions en retard par
rapport à d’autres pays, notamment les puissances occidentales.
Pourriez-vous, Monsieur le Ministre, nous donner une explication?
L’intention de départ qu’elle ait été portée par les pays
arabes ou par d’autres était d’apporter une sécurité supplémentaire
aux Libyens dont certains ont fait l’objet de violences de la part
d’autres Libyens. Cette situation a créé une émotion dans la région
et dans le monde.
Cette émotion a pu être gérée de plusieurs manières. Les pays
du Golfe ont jugé que la situation était suffisamment grave et
qu’il faut aller vers le Conseil de sécurité. Ils ont pris cette
décision au niveau du Conseil du Golfe. Ils ont souhaité, par la
suite, la partager avec les pays arabes tout en sachant qu’ils étaient
alignés bien entendu sur la même position.
Lors de la réunion du 12 mars de
la Ligue
arabe, l’Algérie a apporté sa contribution au débat. Je l’ai
expliqué dans ma conférence de presse de mardi dernier et je
voudrais me répéter aujourd’hui de manière très claire.
D’abord, nous étions conscients en arrivant à cette réunion
qu’on allait nous demander d’apporter une caution à la démarche
de la création d’une zone d’exclusion aérienne. C’est la
raison pour laquelle nous nous sommes préparés d’une manière
exceptionnelle.
Nous avons informé l’opinion de notre position avant même la fin
de cette réunion, et ce, par le biais d’une dépêche APS. Premièrement,
nous avons exprimé notre souhait de voir s’arrêter les hostilités
le plus rapidement possible.
Deuxièmement, avant d’aller à la saisine du Conseil de sécurité,
il fallait envoyer une commission d’enquête en Libye pour que
nous puissions, à l’occasion d’autres réunions des ministres
arabes, être informés de manière contradictoire de ce qui se
passe réellement dans ce pays.
Malheureusement, de Libye parvenaient des informations qui se
contredisaient. Nous avions demandé - et ceci avant de délivrer un
quelconque message au Conseil de sécurité- une concertation préalable
entre
la Ligue
arabe et l’Union africaine.
Sur ces deux points, nous n’avons pas été suivis. Par contre,
nous avons été suivis sur trois autres points. Le premier est
celui qui insistait sur le caractère préventif de la création
d’une zone d’exclusion aérienne.
Nous avons, également, demandé que le mandat soit limité dans le
temps, ce qui a été accepté. Ceci est clairement mentionné - à
notre demande- dans la lettre envoyée au secrétaire général de
l’ONU. Le troisième point, qui a été mentionné dans la décision,
est celui du respect de l’intégrité territoriale et de la
souveraineté des pays voisins. La position de l’Algérie avait été
présentée par moi-même à l’ouverture des travaux et donc
c’est ce que le bureau du conseil considère comme étant
l’expression de la position officielle de l’Algérie.
Formellement, nous n’avons pas exprimé des réserves, mais notre
position a été consignée de manière formelle comme je viens de
le souligner.
Monsieur le Ministre, quelles sont les dispositifs pris par
l’Algérie pour assurer la sécurité de ses frontières? Comment
appréhendez-vous, Monsieur le Ministre, la succession des événements
sur le plan de la sécurité nationale et internationale?
Nos frontières n’ont pas attendu ce jour pour être sécurisées.
Devant un risque, des dispositifs sont pris en fonction des
situations. Il s’agit de prendre des dispositions, prises en
pareil cas par toutes les armées y compris la nôtre. Le problème
de la sécurité ne concerne pas seulement
la Défense
nationale, mais aussi, d’autres institutions.
Laissons le soin à ceux qui en ont la charge d’avoir leurs
propres appréciations et de le dire le moment venu. Nos
institutions, en particulier notre Armée nationale, a intégré ce
risque-là. On en a tiré probablement les conséquences. Je ne peux
pas vous en parler aujourd’hui. Le problème de la sécurité
n’est pas seulement de renforcer les dispositifs sécuritaires,
mais de prévenir le risque. La prévention du risque nous ramène
au volet politique du problème dont nous discutons.
Pensez-vous, Monsieur le Ministre, que le passage du commandement
à l’Otan va t-il changer la donne?
C’est un problème dont il faut parler de manière sereine. Les décisions
comme celles de la résolution 1973, sont des décisions
exceptionnelles. Malheureusement, cette résolution ne s’est peut-être
pas suffisamment appuyée sur les précédentes expériences de même
nature. Pourquoi? On est parti sur l’objectif de protéger les
civils. Un objectif très noble. Pour cela l’idée était qu’il
fallait fermer le ciel. Mais on n’a pas continué le processus de
réflexion pour dire, concrètement ce qu’il fallait faire pour
mettre en place cette exclusion aérienne. On a, encore moins dit,
qui devait s’en occuper. Cela veut dire qu’il y a eu une sorte
de touiza, sans chef d’orchestre. C’est une course, peut- être,
à celui qui ira le plus vite et sera le plus fort. J’ajoute que
des annonces sont faites par des responsables influents aux Etats
Unis pour dire qu’on va réduire les rythmes des frappes.
Depuis le début de la crise libyenne, l’Algérie a été accusée
par certains milieux d’aider les forces gouvernementales
libyennes. Une information que vous avez tenu à démentir.
Pensez-vous l’avoir fait assez fort pour éviter que des parties
libyennes ne puissent nous en faire le reproche à l’avenir?
En termes de communication, je dis que ce que nous avons fait, nous
l’avons fait très rapidement. Je vais ajouter que la source de
l’information au départ, je ne parle pas des relais, était
proche du Conseil national de transition. Elle a été relayée par
des canaux que vous avez la pudeur de ne pas mentionner et que je ne
mentionnerai pas, mais vous savez de qui je parle. Il se trouve, après,
que c’est la même source, à un niveau plus élevé, du point de
vue de la hiérarchie, puisque c’est le président du même
conseil, qui a démenti. Alors, est-ce que je dois continuer à répéter
la même chose pour faire de la publicité à ceux qui sont en train
de nous mettre le couteau dans le dos?
L’Algérie a abrité des révolutionnaires. Elle n’a de leçons
à recevoir de personne sur ce plan. L’Algérie a abrité, il y a
à peine 10 jours, une réunion sur le problème du mercenariat.
Savez-vous qu’il y a une convention africaine de lutte contre le
mercenariat? Cette convention existe et nous en sommes membres. Les
conditions de lutte contre le mercenariat constituent un objectif
constant. La dernière réunion du comité qui travaille sous l’égide
de l’Union africaine sur ces questions, s’est tenue, il y a
quelques jours à Alger. L’Algérie a réaffirmé sa volonté de
lutter contre le mercenariat et non pas celle de l’utiliser pour
aller attaquer un pays voisin.
Maintenant, lorsque le voile tombera sur les intentions de ceux qui
ont nourri ces informations, à ce moment-là, on pourra reprendre
la communication sous un autre angle.
L’aide militaire apportée par l’Arabie Saoudite au Bahreïn
pour réprimer les manifestations n’a suscité aucune condamnation
ni réaction internationale. Mais, la communauté internationale
s’est mobilisée contre
la Libye. Comment
expliquez-vous, Monsieur le Ministre, cette politique du deux poids,
deux mesures?
D’abord, si les réactions n’ont pas été enregistrées
jusque-là, cela ne veut pas dire qu’elles ne le seront pas plus
tard. Parce que les choses, malheureusement, évoluent au Bahreïn
et au Yémen. Entre les pays du Golfe, existent des systèmes de
partenariat qui portent non seulement sur les questions économiques
et sociales, mais aussi sur les questions sécuritaires.
Le Bahreïn et l’Arabie Saoudite ont un accord dans ce cadre. Les
autorités de Bahreïn ont mis en avant le fait que les forces des
pays voisins n’ont pas été chargés d’encadrer le mouvement de
protestation. Ils ont utilisé les forces étrangères pour
remplacer les forces bahreïnies qui étaient en charge de la
surveillance d’un certain nombre d’institutions et pour libérer
ces mêmes forces qui s’occupent des manifestations.
La Ligue
arabe est politiquement impuissante, comparativement à l’UE
et autres organisations similaires. Quelle impulsion lui donner pour
en faire un véritable instrument de développement du Monde arabe?
L’Algérie a, dans son temps, préconisé des réformes. Qu’en
est-il aujourd’hui? Confirmez-vous la candidature de l’Algérie
au poste du secrétariat général?
Je réaffirme que l’Algérie n’a pas de candidat et elle
n’aura pas de candidat à ce poste. Cela ne veut pas dire qu’on
est contre la rotation. La rotation est un principe qui permet à un
pays autre que l’Egypte de proposer un candidat. Même l’Egypte
peut proposer un autre candidat. Sur le principe de la rotation,
l’Algérie est toujours pour. Elle est partie prenante dans ce
principe. Pour le bilan de
la Ligue
arabe, la réponse ne peut pas être catégorique. Dans certains
vecteurs, il y a eu des avancées, par contre il n’y en a pas eu
dans d’autres. Je voudrais parler de deux vecteurs en particulier.
Sur le plan économique et social, il y a eu des avancés entre les
pays arabes. La prise de conscience des capacités de coopération
au niveau économique et social constitue une des avancées de
l’action commune arabe.
Le sommet du Koweït et de Charm El Cheikh nous installent dans une
démarche qui nous paraît extrêmement importante de consolidation
de la coopération dans la sphère économique, financière,
commerciale, technologique...Sur la résolution des grands problèmes,
la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient, nous
n’avons pas fait suffisamment d’avancées.
La Ligue
arabe ne peut pas régler ces questions toute seule. Elles sont
tellement complexes qu’en plus de
la Ligue
arabe, elles sont également traitées par les Nations unies.
Si maintenant, on dit que
la Ligue
arabe a échoué sur la question du Moyen-Orient, c’est toute la
communauté internationale qui a échoué. Ce qui s’est passé ces
dernières semaines dans beaucoup de pays arabes, a mis en relief la
faiblesse de cette Ligue. Elle n’a pas donné suffisamment
d’importance à un certain nombre d’institutions. Le Conseil «paix
et sécurité» existe structurellement dans
la Ligue
, mais il y a un certain nombre de pays, relativement restreint, où
il n’y a pas de programme. Nous sommes en train de revisiter le
système pour pouvoir le réformer. L’une de nos priorités, est
de parvenir à un consensus sur la possibilité de doter
la Ligue
arabe d’un Conseil paix-sécurité qui soit à l’image de celui
qui fonctionne au niveau de l’Union africaine.
En 2005, l’Algérie a donné l’occasion de démarrer un
processus de réforme pour rendre le fonctionnement de
la Ligue
plus démocratique. C’est à Alger que l’idée d’un Parlement
arabe est née, donc, nous sommes en train de vivre les premières
étapes de la constitution d’un Parlement.
Pour l’instant il est désigné, mais il sera, à terme, élu.
C’est un processus un peu long. Il me semble que ce que nous avons
vécu dans certains pays de
la Ligue
arabe, nous donne l’occasion sereinement de revenir sur notre
action afin de l’améliorer et de la préciser. C’est une bonne
opportunité et j’espère que dans les prochains mois qui
viendront, nous aurons la possibilité de tirer les leçons de ce
qui s’est passé dans un certain nombre de pays de
la Ligue
et de mettre au service de chaque pays une Ligue arabe plus
efficace, plus démocratique et plus crédible.
Ouvrons le dossier des relations algéro-tunisiennes, si vous le
permettez Monsieur le ministre. Outre l’aide financière accordée
par l’Algérie à ce pays voisin, quelles sont les autres aides
formulées par ce pays frère, -qui a toujours soutenu l’Algérie-,
eu égard aux difficultés auxquelles il fait face présentement?
D’abord les Tunisiens sont nos frères et nos partageons avec eux
des valeurs. Ce ne sont pas des gens qui demandent. Nous n’avons
pas pour mentalité d’attendre que je les gens demandent pour
faire ce qui est notre devoir. Lorsque des flux migratoires ont eu
lieu en Libye, nous avons apporté notre contribution et nous
continuons à l’apporter pour que
la Tunisie
, dans ces circonstances particulièrement difficiles pour elle,
puisse gérer le flux d’immigré de manière un peu plus solidaire
avec une situation économique difficile. Il ne faut pas voir ces
aides financières, en isolant les autres initiatives que nous
prenons et qui relèvent d’une volonté réelle d’avoir avec
la Tunisie
,
la Libye
et l’Egypte, aujourd’hui et demain des relations aussi fortes
que celles d’avant. C’est cette volonté de maintenir avec
chacun de ces pays la coopération la plus forte qui expliquera tout
le reste. Notre solidarité avec
la Tunisie
est une solidarité active.
Les échanges de visites officielles entre ministres algériens
et marocains ont été annoncés. Va-t-on vers une normalisation qui
inclut la réouverture des frontières terrestres?
Quand on parle de normalisation des relations, je crois que les échanges
de visites bilatérales au niveau ministériel, vont dans le sens de
la consolidation du processus de normalisation, c’est clair. Ces
dernières années, les ministres marocains venaient souvent en Algérie
pour des réunions multilatérales. C’était le cas, aussi, pour
les ministres algériens qui se rendaient au Maroc. Cet échange de
visites ministérielles au niveau bilatéral témoigne d’une
volonté d’améliorer nos relations avec ce pays frère. Ce qui
n’était, il y a à peine trois mois, qu’une déclaration, vous
l’avez constaté, est maintenant réel. Dans quelques jours, nous
allons recevoir le ministre marocain de
la Jeunesse
et des Sports. Nous sommes entrain de mettre au point un calendrier
concernant les secteurs de l’éducation nationale, de
l’Enseignement supérieur et de l’agriculture. Est-ce qu’il
faut dire que cette série de mesures vise à ouvrir les frontières?
Bien sûr que non. Cela aura peut-être un effet. Pour l’instant,
on ne demande pas à ces ministres de travailler dans ce sens-là.
Nous n’avons pas mandaté les ministres pour travailler sur la
question de la frontière. Ils ont mandat pour développer des
relations de coopération sectorielles, dans le domaine de l’eau,
de l’électricité, du sport...etc. Ce sont des mesures politiques
de grandes envergures qui pourraient nous permettre de résoudre
tous les autres problèmes. La frontière ne peut pas être fermée
tout le temps. Il faudra bien que nous réunissions, des deux côtés,
les éléments nécessaires tant au plan politique que sécuritaire
et économique qui pourraient justifier la ré-ouverture des frontières.
Quand nous avons décidé de promouvoir nos relations au niveau
ministériel, nous avons pris acte, des deux cotés, que cela ne
signifie pas que ces visites ministérielles devaient avoir un effet
sur notre façon de voir le problème du Sahara occidental. Cette
question est gérée à part par l’instance onusienne.
Parlons, Monsieur le Ministre, des relations algéro-françaises.
Paris semble apprécier le volet commercial et économique de ses
relations avec l’Algérie, mais affiche une nette réserve pour ce
qui est des rapports politiques. Qu’en est-il au juste?
C’est nous qui avons passé un message, non seulement à
la France
, mais également à l’Europe, à savoir que l’Algérie veut
avoir plus d’investissements en retour. Parmi les partenaires les
plus forts au sein de l’Union européenne, le message a été
entendu par le partenaire français. Pour l’Algérie diversifier
son économie, ce n’est pas seulement un objectif économique,
mais aussi politique. Concernant, les relations politiques entre les
deux pays, je dirais qu’elles ont été polluées par plusieurs
problèmes, comme l’ancienne affaire du diplomate Hasseni,
l’affaire des moines de Tibhirine et puis la question de la mémoire.
Pour ce qui est de Hasseni, le problème est réglé. Pour le problème
de Tibhirine, on a laissé supposer que l’Algérie était
responsable de la mort des moines. Ces deux volets qui ont un peu
masqué les choses se sont réglés. Ils se sont règlés par le
retour à la vérité. Cette vérité qui, du coté français, ne
voulait pas être reconnue. Cette vérité qui est reconnue
aujourd’hui par la justice française et par un témoin vivant et
conscient pour ce qui est de l’affaire de Tibhirine. Ce sont deux
dossiers où, encore une fois, l’Algérie était du côté de la vérité.
Il est bien, politiquement, de le reconnaître. Je crois que c’est
bien qu’on ait pu régler ces problèmes, mais c’est mieux de
les reconnaître comme autant d’erreurs à l’endroit d’une Algérie
qui a suffisamment accumulé les mauvaises grâces d’un partenaire
historique comme
la France. Enfin
il y a le problème de la mémoire qui reste posée entre nous. Sur
le plan politique, on a, évidemment, des divergences sur certaines
questions et moins sur d’autres.
La France
souhaite jouer la figure de proue dans les sanctions
internationales infligées contre
la Libye. Le
discours du président français ne cache-t-il pas une certaine
stratégie visant à faire pression sur la région?
Chacun est responsable de ses propos. Je n’ai pas de commentaire
à faire à ce sujet. Mais, je dirais que je n’accepterai pas
qu’un pays se donne l’autorisation d’exprimer les points de
vue sur la manière de gérer par les Algériens leurs problèmes.
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Crise
libyenne: l'Algérie appelle à une plus "grande
concertation" entre l'UA et
la Ligue
arabe
M. Abdelkader MESSAHEL, Ministre Chargé des Affaires Maghrébines
et Africaines, a réitéré samedi à Alger la position de l'Algérie
pour une "plus grande concertation" entre l'UA et
la Ligue
arabe sur la crise libyenne.
"Les positions de l'Algérie transparaissent dans la feuille de
route" pour une sortie de crise rapide en Libye, a souligné à
la chaîne III de la radio nationale le ministre qui a pris part
vendredi à la réunion d'Addis Abeba sur la crise libyenne.
Il a expliqué que les positions de l'Algérie concernant la crise
libyenne, débattues dans la capitale éthiopienne sont celles défendues
à la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays
arabes au Caire. Elles se résument, a-t-il dit, en plusieurs
points, dont l'appel à un cessez-le feu et surtout à la mise en
place d'un mécanisme de surveillance du cessez-le feu, un point non
prévu par la résolution 1973 du Conseil de sécurité.
"Il faut savoir ce qui se passe sur le terrain pour savoir qui
fait quoi", a-t-il dit.
Elles portent aussi sur l'amorce d'un dialogue "immédiat"
avec les différentes parties libyennes, le soutien à la mission du
comité de suivi de la crise libyenne et l'assistance humanitaire
aux réfugiés sur les frontières.
L'Algérie, a-t-il poursuivi, est pour une "plus grande
concertation" entre l'UA et
la Ligue
arabe sur la question, rappelant au passage, que ces deux
organisations régionales ont déjà travaillé ensemble par le passé,
notamment dans les dossiers somalien et soudanais.
Pour M. MESSAHEL, il est important que les Africains et Arabes
"s'approprient" leurs crises pour "aller au plus vite
vers un règlement".
"La crise libyenne est une affaire interne et c'est aux Libyens
de trouver eux-mêmes le règlement", a-t-il encore ajouté.
Il a aussi souligné que l'application de la résolution 1973 sur la
zone d'exclusion aérienne doit relever de la seule compétence des
Nations unies et non d'une organisation sous-régionale.
L'évolution sur le terrain "a donné raison" à la
position défendue par l'Algérie à la réunion des ministres des
Affaires étrangères le 3 mars au Caire, a-t-il encore rappelé.
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