L’ONU et le désarmement : Ban Ki-moon rend hommage à l’Algérie

 

 

Conférence du désarmement des Nations unies : L’Algérie propose un programme de travail de la rencontre

Le programme de travail de la Conférence des Nations unies du désarmement, qui se tient à Genève (Suisse), repose sur plusieurs groupes de travail thématiques sur proposition de l'Algérie. Le programme de la conférence a été établi en tenant compte des diverses propositions, présentées depuis 1999, et dans le souci qu'il soit "sans préjudice de toute position, proposition ou priorité passée, présente ou future de l'une des délégations et de tout engagement pris dans une autre instance multilatérale s'occupant du désarmement". Le premier groupe de travail, intitulé "Cessation de la course aux armements nucléaires et désarmement nucléaire" vise à échanger des vues et des informations sur les mesures pratiques qui pourraient être prises pour aller systématiquement et progressivement de l'avant en vue de réduire le nombre d'armes nucléaires. Un deuxième groupe de travail négociera un traité interdisant la production de matières fissiles pour la fabrication d'armes nucléaires ou d'autres dispositifs explosifs nucléaires, sur la base du document CD/1299 du 24 mars 1995 et du mandat qui y est énoncé. Le troisième groupe de travail, intitulé "Prévention d'une course aux armements dans l'espace" sera chargé de l'examen de toutes les questions relatives à la prévention d'une course aux armements dans l'espace. Le quatrième groupe "Arrangements internationaux efficaces pour garantir les Etats non dotés d'armes nucléaires contre l'emploi ou la menace de ces armes" aura à examiner toutes les questions relatives à ce sujet afin d'élaborer des recommandations. Sur le thème "Nouveaux types et systèmes d'armes de destruction massive, armes radiologiques", le programme a nommé un coordonnateur spécial qui sollicitera les vues des membres de l'instance sur la question. Deux autres coordonnateurs ont été nommés sur le thème "Programme global de désarmement" et "Transparence dans le domaine des armements". L'ensemble des groupes de travail présenteront à la conférence des rapports avant la fin de la session. La Conférence du désarmement des Nations unies a repris ses travaux hier à Genève, sous la présidence de l'Algérie et en présence du secrétaire général de l'Onu, M. Ban Ki-Moon et du ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci.

M. Medelci relève les progrès réalisés

Le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci, a relevé hier à Genève les progrès réalisés dans la conférence du désarmement des Nations unies, bloquée depuis plusieurs années du fait de réticences de pays membres. L'Algérie tient à souligner "les progrès réalisés dans le cadre de nos consultations", a-t-il dit, formant le vœu qu'ils puissent ouvrir la voie à l'"engagement constructif et finalement à une plateforme d'entente pour la relance des travaux de la conférence du désarmement".  Le ministre a estimé que "la dynamique, ainsi amorcée, ne manquera certainement pas d'avoir un effet d'entraînement positif sur la prise en charge des questions apparentées ou connexes à travers tout le système des Nations unies". Medelci qui a souligné les "perspectives prometteuses" des consultations destinées à relancer les processus d'un désarmement général et complet, a tenu à exprimer sa gratitude au secrétaire général de la conférence, M. Sergei Ordzhonikideze, et au haut représentant pour les affaires de désarmement dont les soutiens précieux, a-t-il dit, et les conseils avisés ont été "particulièrement utiles" en cette période cruciale des consultations. Il a également rendu hommage à "la souplesse et à l'esprit d'accommodement mutuel", dont tous les représentants des Etats membres de la conférence "ont fait preuve sur des questions aussi sensibles que délicates, a-t-il ajouté, ce qui augure bien dune issue prochaine positive".

M. Medelci s'est félicité des progrès qui se sont accélérés, ces dernières années, s'associant ainsi au secrétaire général de l'Onu, pour "féliciter le président de la conférence, l'ambassadeur Idris Jazaïri et l'ensemble des ambassadeurs concernes pour les résultats indéniables déjà obtenus". Il a ajouté que toutes ces énergies y "sont parvenu par un remarquable travail d'équipe qui, dépassant les clivages traditionnels, a assurément permis d'engager la conférence sur la voie désirée".

Il a également souligné que "grâce à ces efforts, la conférence sera bientôt à même de renouer avec sa vocation première en tant qu'enceinte privilégiée pour la promotion et la préservation de la sécurité internationale". M. Medelci a rappelé que le président Bouteflika avait présidé, en janvier 1979, en qualité de chef de la diplomatie algérienne, la séance inaugurale du Comité du désarmement. 

“La véritable sécurité  internationale ne peut résulter  que d'un climat de confiance”
Relevant que la communauté internationale "se rend compte aujourd'hui combien est illusoire la sécurité à l'abri des remparts de l'idéologie dogmatique ou du bouclier de la suprématie militaire", M. Medelci a affirmé quelle "réalise que la véritable sécurité internationale ne peut résulter que d'un climat de confiance entre partenaires disposés à se mettre au service d'une approche multilatérale et solidaire du désarmement".

Dans ce sens, il a cité le message qui se dégage de la déclaration du Premier ministre britannique sur l'énergie nucléaire et la prolifération et de la déclaration conjointe des présidents russes et américains à ce sujet. "Ces importantes initiatives, parmi d'autres, ont contribué à créer un climat de confiance propice à la relance des travaux de la conférence du désarmement", a fait observer Medelci, citant les nombreuses prises de position régionales qui se sont prononcées en faveur de l'initiative du président de la conférence du 26 mars dernier, contenue dans un "non-paper" sur les éléments qui pourraient constituer un programme de travail.
Il a, à cet égard, rappelé le soutien apporté par la récente conférence des pays non-alignés, des pays membres de l'Organisation de la Conférence islamique ainsi que du groupe arabe à la 3e session du comité préparatoire de la conférence d'examen du TNP à New York ainsi que les nombreuses expressions de soutien d'Etats des 4 groupes de la conférence.

Ban Ki-moon rend hommage à l’Algérie

Le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, M. Ban Ki-moon, a mis en avant hier à Genève les derniers progrès constatés dans l'évolution des consultations, entre pays membres, sur la question du désarmement, rendant hommage à l'Algérie pour son rôle dans le déblocage de ce processus paralysé depuis dix ans.

M. Ban a recommandé que la Conférence du désarmement doit "sans tarder élaborer une stratégie globale" en matière de désarmement qui s'appuie sur le nouveau contexte international, mettant en garde que cela "n'est possible que si tous les Etats sont prêts à respecter leurs engagements en matière de non-prolifération (nucléaire) et à cultiver un climat propice au désarmement".

De son côté, la représentante du gouvernement suisse, a également loué le "rôle crucial de l'Algérie" dans l'avancement de la conférence et adressé un appel aux pays membres afin d'adopter un programme de travail dans ce sens.

L'Algérie a mené, ces dernières semaines, d'intenses consultations, notamment avec les Etats membres actifs au sein de cette conférence, pour réunir les conditions favorables à la concrétisation de son initiative visant la promotion d'un consensus international sur les questions de désarmement et de non-prolifération.

Mme Micheline  Calmy-Rey, MAE suisse : “L'Algérie a joué  un rôle crucial”
La ministre suisse des Affaires étrangères, Mme Micheline Calmy-Rey, a affirmé hier à Genève que l'Algérie a joué un "rôle crucial" pour l'avancement des travaux de la Conférence du désarmement des Nations unies. "C'est (...) pour moi un plaisir de saluer ici mon homologue algérien. En effet, l'Algérie ­­— avec sa présidence de la Conférence du désarmement et ensemble avec 5 autres présidents de cette année — a joué un rôle crucial pour l'avancement des travaux de cette Conférence", a relevé Mme Calmy-Rey dans son intervention à la Conférence qui doit adopter un programme de travail, sur initiative de l'Algérie. "Nous vivons aujourd'hui un moment fort à la Conférence du désarmement. C'est en effet un moment d'espoir, car il semble qu'enfin, nous nous approchons de la percée tant attendue depuis plusieurs années", a fait remarquer Mme Calmy-Rey dans son intervention, soulignant que la situation internationale "a évolué de telle sorte" que la Conférence du désarmement "est à nouveau en mesure de négocier, (...) ce qui est sa véritable raison d'être". Pour la MAE suisse, la vision du monde sans armes nucléaires "est désormais relancée". Elle a rappelé que la Suisse , pays neutre, porte un accent particulier à la résolution pacifique des conflits, au développement du droit international et pour lequel le désarmement et la non-prolifération des armes nucléaires "sont des priorités".