Le Président
Bouteflika appelle l’AG de l’ONU à reprendre ses travaux sous le thème
: “Unissons-nous pour la paix”
Une conférence internationale sera organisée
cette année sous le patronage de
la Ligue
arabe.
Le Président de
la République
, M. Abdelaziz Bouteflika, a prononcé, hier, à Syrte (Libye) un
discours à l'occasion du 22e Sommet arabe.
En voici la traduction APS :
"Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux,
Que le Salut de Dieu soit sur Son Prophète,
Excellence colonel Maâmar El Gueddafi, Guide de
la Révolution
libyenne,
Majestés et Altesses,
Excellence, Monsieur le secrétaire général de
la Ligue
arabe,
Excellences, Mesdames
et Messieurs,
Je voudrais, tout
d'abord, féliciter mon frère, le Guide Maâmar El-Gueddafi, pour
sa présidence de ce Sommet, lui souhaitant plein succès dans la gestion
de nos travaux et exprimer au peuple libyen mes remerciements pour
l'accueil généreux et l'hospitalité qui nous ont été réservés. Il
m'est aussi agréable d'adresser mes vifs remerciements à mon frère, Son
Altesse cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani, Emir de l'Etat du Qatar, qui a
eu à assumer avec succès la responsabilité de la présidence de notre
précédent Sommet et pour ses efforts louables consentis dans la mise en
œuvre des décisions sanctionnant, l'année dernière, les travaux
du Sommet de Doha. Mes remerciements vont, également, à Son
Excellence M. Amr Moussa, secrétaire général de
la Ligue
arabe pour les efforts considérables déployés dans la mise en œuvre
des décisions et pour les préparatifs de ce Sommet.
La conjoncture extrêmement
sensible que traverse notre Nation arabe nous interpelle fortement et nous
enjoint de prendre des positions fermes face à l'arrogance d'Israël et
à la colonisation.
Une position arabe
unifiée en appelle, inéluctablement, à une action arabe sur tous les
fronts, tant au plan régional qu'international, en vue d'endiguer
la politique de construction de colonies, de judaïsation et de blocus
imposé au peuple palestinien en Cisjordanie et dans la bande de
Ghaza.
Au nom du Sommet
arabe, nous appelons le Conseil de sécurité à assumer ses responsabilités
et à mettre à exécution ses décisions pertinentes pour amener
Israël à se conformer à la légalité internationale et à cesser, immédiatement,
la construction de colonies dans les territoires occupés, notamment à El
Qods-Est.
Nous appelons, par la
même, le Quartette qui a pris sur lui la responsabilité de trouver
des issues efficientes au conflit arabo-israélien à sortir de l'inertie
dans laquelle il est confiné depuis l'annonce de sa création à ce jour.
Aussi, nous nous
devons, en tant que pays arabes, d'unifier nos positions, de poursuivre
nos efforts et de définir nos relations avec les autres en fonction de
leurs positions vis-à-vis de notre conflit avec Israël qui nous défie
et défie le monde entier en adoptant une politique hostile à notre
peuple vaillant en Palestine, et en faisant fi de toutes les décisions émanant
des plus hautes instances internationales censées veiller sur la
paix et la sécurité dans le monde, en l'occurrence le Conseil de sécurité
et les Nations unies.
Il me semble opportun
d'appeler, à partir de cette tribune, l'Assemblée générale des
Nations unies à reprendre ses travaux sous le thème "Unissons-nous
pour la paix", et ce, pour conférer à ses décisions un caractère
obligatoire et contraignant qui astreindrait Israël à cesser sa
politique expansionniste et à se retirer de tous les territoires arabes
occupés en juin 1967.
Nous sommes, également,
appelés à recourir aux institutions pertinentes à l'instar de
la Cour
internationale de justice pour prendre des décisions contre les
agissements d'Israël à l'instar des fouilles élargies à l'un des
Lieux musulmans et chrétiens les plus saints et les agressions
continuelles contre
la Mosquée
d'El Aqsa par l'usage de faux-fuyants telles les prétendues recherches du
temple sans oublier l'annexion de
la Mosquée
d'Ibrahim El Khalil et celle de Bilel Ben Rabeh sous prétexte
qu'elles font partie du patrimoine juif.
Nous nous adressons,
à nouveau, au Conseil des droits de l'homme à Genève qui a entériné
le rapport Goldstone pour le redynamiser à travers les instances
internationales spécialisées afin de prendre des mesures permettant de
poursuivre en justice les responsables israéliens pour leurs crimes
ignobles commis dans la bande de Ghaza et exiger l'acheminement
rapide des aides et la reconstruction de Ghaza tout en enjoignant à
Israël l'indemnisation du peuple palestinien pour les dégâts
importants subis suite à cette agression inique.
Toutes ces positions
doivent être dynamisées et concrétisées à travers des actions
intenses, ce qui exige de nous d'adopter une position commune et de
défendre nos causes dans un esprit de solidarité. Cela ne saurait
se réaliser sans une réconciliation interarabe globale et une réconciliation
interpalestinienne totale et urgente.
Nul doute que les étapes
franchies sur la voie de la réconciliation depuis le Sommet économique
du Koweït à la lumière de l'initiative du Serviteur des Deux
Lieux saints, le roi Abdallah Ibn Abdelaziz, a été bénéfique pour
les relations de certains pays arabes. Nous souhaitons la poursuite de
cette initiative visant à dissiper toute tension entre les pays
arabes.
Permettez-moi de
lancer un appel pressant à nos frères palestiniens notamment aux
mouvements du Fatah et du Hamas pour une réunification urgente, car la
force du peuple palestinien réside dans son unité et sa cohésion pour
faire face à l'agression injuste et continue contre ses terres et
ses droits.
Je réaffirme, au nom
de l'Algérie, la position ferme à l'égard de la cause
palestinienne et notre soutien au combat du peuple palestinien en
adoptant toute forme de résistance pour recouvrer tous ses droits spoliés
et ce, à travers l'établissement de l'Etat palestinien avec El-Qods pour
capitale, et le règlement de la question des réfugiés conformément
à la légalité internationale.
L'Algérie a approuvé
l'initiative arabe lors du Sommet de Beyrouth en 2002.
Cette
initiative que les Arabes ont suivie pour le règlement du conflit
arabo-israélien, a été malheureusement rejetée par Israël, bien
qu'elle ait été adoptée dernièrement par toutes les parties
internationales, la considérant comme une base fondamentale du règlement
définitif. C'est la raison pour laquelle cette initiative ne doit
pas rester une main tendue dans le vide et que les négociations ne
doivent pas marquer le pas du fait de l'intransigeance israélienne
défiant toutes les lois et us internationaux.
Quelle utilité y
a-t-il dans des négociations directes et indirectes alors qu'Israël
poursuit la construction de colonies et rejette tout appel ou
condamnation de la part même de ses plus proches alliés. Par conséquent,
nous soutenons la position de l'Autorité palestinienne rejetant
toute reprise des négociations sans l'arrêt de la colonisation .
Il n'y aura pas de négociations directes ou indirectes sans l'arrêt
de la colonisation en Cisjordanie et à Ghaza tant qu'Israël
rejette les initiatives et les démarches arabes et internationales,
comme en témoignent les derniers développements visant l'expansion de la
colonisation et la judaïsation d’El-Qods.
Ces pratiques d'Israël
sont encouragées par la protection flagrante et le mutisme total de
la communauté internationale notamment des grandes puissances.
Cette complicité
constitue l'élément principal qui encourage Israël à poursuivre
son occupation et à commettre des massacres contre les civils sans
défense avec une atrocité sans précédent, en faisant fi des chartes
et usages internationaux.
La tragédie vécue
depuis plus d'une année par le peuple palestinien assiégé et résistant
à Ghaza, ville symbole de la fierté et de la dignité, restera
ancrée dans nos esprits comme une autre preuve sur les crimes
odieux de l'occupant qui a dépassé toutes les lignes rouges dans son
agression continue contre le peuple palestinien dans les territoires
occupés.
Nous devons nous
interroger sur le mutisme total de la communauté internationale en
dépit des preuves irréfutables sur les crimes commis par Israël à
Ghaza notamment celles fournies par toutes les commissions d'enquête
dans leurs rapports et à leur tête celui de Goldstone.
Nous sommes appelés,
par ailleurs, à œuvrer à la levée du blocus injuste imposé au
peuple palestinien à Ghaza et à l'aplanissement des obstacles érigés
par l'occupant israélien et qui ont entravé l'amorce du processus
de reconstruction. Ceci aidera l'application des décisions du Sommet
du Koweït (janvier 2009) et permettra à la communauté internationale
d'apporter sa contribution à ce processus.
Je tiens à relever à
cette occasion, que nos sommets acquièrent, d'année en année, le caractère
de la régularité. Nous y voyons un exploit à consolider et une
bonne conduite à suivre afin de relancer et édifier les institutions
de notre Ligue arabe à l'instar des autres groupements de par le monde.
Nous avons introduit
une série de réformes à ses structures et organismes, et il est désormais
de notre devoir de poursuivre la réalisation de cet édifice arabe,
seul reflet de notre action commune. Nos décisions et les réformes
introduites resteront cependant loin de l'objectif escompté si nous
ne veillons pas à leur concrétisation et au parachèvement des
institutions à l'instar du Conseil arabe de paix et de sécurité
et la mise sur pied d'un Parlement permanent, ce qui constituera,
assurément, un saut qualitatif.
Nous devons aussi œuvrer
à la création de
la Cour
arabe de justice que nous souhaiterions voir inscrite à l'ordre du
jour de notre prochain Sommet tout en accordant un intérêt
particulier et un soutien indéfectible au Secrétariat général de
la Ligue
afin de lui permettre d'accomplir pleinement les missions qui lui
sont confiées dont l'élaboration des projets et le suivi de
l'application des décisions issues des différents conseils et
institutions.
Concernant la
situation au Soudan frère, l'Algérie réitère son refus de la décision
prise par
la Cour
pénale internationale en requalifiant les accusations à l'encontre
de notre frère, Son Excellence le Président Omar Hassan Al-Bachir.
C'est là une atteinte
à un des symboles de la souveraineté de ce pays frère et une
menace flagrante pour les efforts du Comité ministériel
arabo-africain placé sous la sage direction du Qatar visant à trouver un
règlement à la crise dans la province du Darfour. Des efforts dont
les effets commencent à paraître après l'accord-cadre conclu
entre les parties concernées en février dernier à Doha.
Nous souhaitons que
les prochaines élections au Soudan soient couronnées de succès
afin de contribuer à la consolidation du processus de paix et au
renforcement de la stabilité, de la sécurité et de l'unité
territoriale de ce pays frère.
S'agissant de la
situation en Irak, nous réaffirmons la nécessité de réaliser une
réconciliation nationale véritable sans exclusion ni marginalisation
aucune, réconciliation qui s'édifiera autour de la préservation de
l'unité, de la souveraineté et de la stabilité outre le retrait
immédiat des forces étrangères.
Par ailleurs, je ne
manquerai pas de réitérer le soutien permanent de l'Algérie aux démarches
louables de notre frère, Son Excellence le Président Cheikh Cherif
Cheikh Ahmed pour unifier les rangs de nos frères en Somalie,
parachever le processus de réconciliation et réunir les conditions
favorables au retour de la stabilité que nous voulons voir régner
dans ce pays frère qui a souffert, longtemps, des affres de la
guerre civile et d'un vide au double plan constitutionnel et
institutionnel.
Parmi les principales
causes qui ont mené à la détérioration de la situation dans le
Monde arabe, il y a lieu de citer l'inertie qui a marqué l'action
arabe du fait de divisions, de conflits internes et de dépendance des
pays arabes. Tout cela a donné lieu, stratégiquement, à un
affaiblissement du rôle des pays arabes aux plans régional et
international et exposé la sécurité nationale à toute sorte de
menaces dont la menace nucléaire israélienne qui continue d'être
source de préoccupation pour la paix et la stabilité de notre région
arabe tout entière, une menace grandissante au regard de la protection
manifeste dont jouit Israël et de la politique des deux poids deux
mesures dans le traitement de cette question par la communauté
internationale.
Faire de notre région
arabe une zone exempte d'armement de destruction massive passe inévitablement
par la relance de la décision adoptée en 1995 par la conférence
sur la révision du Traité de non-prolifération nucléaire au
Proche-Orient. Celle-ci impose à l'ensemble de la communauté
internationale un traitement global de toutes les sources de menace
sans exception et appelle à exercer des pressions sur Israël afin
de l'amener à soumettre ses installations nucléaires à
l'inspection et au contrôle de l'Agence internationale de l'énergie
atomique.
Pour ce qui est du
dossier nucléaire iranien, je tiens à rappeler notre position qui
prône le dialogue et l'utilisation de moyens pacifiques pour résoudre
le conflit dans le cadre de la légalité internationale et conformément
aux règles de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Je tiens enfin à
rappeler à ce propos notre position immuable quant au droit
d'acquisition de la technologie nucléaire à des fins pacifiques tant
indispensables au développement de nos économies.
Le premier
Sommet économique arabe que le pays frère du Koweït avait abrité
au début de l'année écoulée a constitué un tournant décisif dans
l'action arabe commune au plan économique, au regard des thèmes débattus,
sujets qui revêtent une importance vitale pour nos pays.
Ce Sommet nous a également
permis d'examiner, pour la première fois dans l'histoire des Sommets
arabes, des thèmes socio-économiques tout aussi importants que
vitaux, en rapport avec les processus de développement dans nos
pays et la manière de consolider la coopération interarabe dans les
domaines économique et social.
Il était tout aussi important de gratifier cette coopération du
saut qualitatif auquel nous aspirons tous, dans l'intérêt de nos
objectifs communs de développement et pour répondre aux
aspirations de nos peuples dans une complémentarité arabe qui soit
à la hauteur des défis auxquels nous faisons face au regard des
grandes mutations que connaît l'économie mondiale et la crise financière
internationale.
Comme je tiens à
saluer hautement les résultats fructueux auxquels nous sommes
parvenus au Sommet du Koweït, j'appelle, en même temps, à garantir le
suivi de la mise en œuvre des décisions adoptées lors de ce Sommet et
procéder à une évaluation d'étape concernant l'application des
recommandations et des instructions données dans ce sens, en vue
d'accélérer la cadence de réalisation des projets convenus et
identifier les difficultés pouvant entraver leur concrétisation.
Au sujet de la proposition relative à la tenue d'un sommet culturel arabe, je
tiens à saluer cette initiative, tant il est vrai que la culture est
partie intégrante de notre identité commune, tout comme elle constitue
l'un des piliers fondamentaux de nos sociétés qui ont pour dénominateur
commun la langue et la religion. Je forme le vœu, en même
temps, de voir ce sommet minutieusement préparé et souhaiterais
qu'il apporte la valeur ajoutée à même de renforcer l'action
arabe et donner aux différentes catégories composant le tissu social
dans les pays arabes, l'occasion de se rencontrer, de façon
permanente, afin d'échanger leurs idées et leurs expériences dans
les domaines culturel, scientifique et éducatif. Ce qui aura, assurément,
des effets positifs sur la consolidation des liens de fraternité
entre les enfants de notre Nation arabe.
Cher frère,
Majestés, Altesses, Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Les fluctuations que notre monde connaît
aujourd'hui en permanence et les mutations effrénées qui caractérisent
actuellement les relations économiques et commerciales ont généré
une réalité nouvelle et des défis majeurs.
Cette situation impose
le resserrement de nos rangs au travers de la consolidation de notre
concertation permanente, la coordination et l'unification de nos
positions dans les concerts internationaux autour des questions politiques
et économiques essentielles auxquelles la communauté internationale
accorde une importance particulière. Il s'agit de la réforme du
Conseil de sécurité des Nations unies, de la non-prolifération
des armes nucléaires, du terrorisme et ses répercussions sur la sécurité
et la stabilité dans le monde, de la lutte contre la pauvreté, de
la problématique de développement, de l'environnement et du
changement climatique ainsi que d'autres sujets qui dominent l'agenda
international. Ceci exige de nous une plus grande présence et des
contributions à la hauteur de notre volonté de ne pas rester en
marge de ces mutations profondes dans les relations internationales
multilatérales. Je réitère, enfin, mes sincères remerciements et
ma gratitude à mon frère, le Guide Maâmar El Gueddafi et au
peuple libyen frère, tout en priant Dieu le Tout-Puissant pour que
notre présente réunion soit couronnée de réussite et de succès
et aboutisse à des résultats qui soient à la hauteur des ambitions
de nos peuples qui aspirent à davantage de progrès et de prospérité
dans la stabilité, la paix et la sécurité".